Van Mour, maître ès turqueries

Le 10 juin 2021, par Anne Doridou-Heim

La turquerie est l’autre goût du XVIIIe siècle pour l’exotisme, auquel certains peintres vont s’abandonner.

Jean-Baptiste Van Mour (1671-1737), Un pacha, Une sultane (reproduite), paire d’huiles sur toile, 37 30 cm.
Adjugé : 20 800 

Si l’orientalisme est bien l’apanage du XIXe, le siècle précédent eut pour sa part le goût de la chinoiserie, mais aussi de la turquerie — dont il est en quelque sorte un digne héritier. Ainsi, parmi les peintres du temps à s’y être adonnés avec charme, on cite souvent le nom de Jean-Baptiste Van Mour. Originaire de Valenciennes, il réussit à se faire ouvrir la Sublime Porte. Nous sommes alors en 1699 et le sujet du flamboyant Louis XIV est subjugué – il y a de quoi, celle-ci étant alors l’une des plus grandes cités du monde avec autant d’habitants que Londres ou Paris, et un grand cosmopolitisme y règne. L’artiste y demeurera jusqu’à sa mort, vivant dans le quartier des ambassades et disposant du titre honorifique de «peintre ordinaire du roi et en Levant». Bénéficiant de la sympathie du sultan, il exécutera un grand nombre de vues de Constantinople, de la cour et de figures de dignitaires, délivrant une vision complète – et tout à fait aimable – de la capitale et de ses us et coutumes. Il s’agit souvent de commandes d’Européens désireux d'en rapporter des souvenirs. Ainsi vont-elles circuler, au point qu’en 1794 l’ambassadeur Ferréol fasse réaliser un recueil de cent gravures d’après ses tableaux. Largement diffusé, l’ensemble nourrira l’imagination des contemporains. Ici, c’est une ravissante paire de toiles qui était accrochée à 20 800 €, nous présentant Un pacha et Une sultane (reproduite).

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