Un rafraîchissoir à vin fin XVIIIe-début XIXe

Le 25 février 2021, par Anne Doridou-Heim

Aussi élégant qu’indispensable, ce rafraîchissoir à vin anglais fin XVIIIe-début XIXe ne laissait pas de glace.

Wine cooler en acajou et placage d’acajou, de forme ovale, orné d’une frise de canaux et reposant sur des pieds cambrés terminés par des pattes de bouc en bronze ciselé, Angleterre, époque George III (1760-1820), h. 64, l. 69 cm.
Adjugé : 52 000 

On avait annoncé une toile de l’atelier de Jusepe de Ribera (voir l'article Un élève de l’atelier de Jusepe de Ribera de la Gazette n° 6, page 42). Le philosophe Dioscoride, malgré ses qualités, pouvait faire la tête car, resté invendu, c’est un wine cooler en acajou qui lui volait la vedette. Parmi les six cents plantes étudiées pour le traité De materia medica de celui qui était aussi botaniste, trouvait-on le raisin ? On est en droit de le penser. Toujours est-il que près de deux mille ans plus tard, un modèle en acajou de rafraîchissoir à vin – nommé wine cooler puisqu’il a été fabriqué en Angleterre sous le règne de George III (1760-1820) – récoltait 52 000 €. Cette somme rondelette était une surprise pour tout le monde, le meuble ayant été estimé beaucoup plus raisonnablement. Il invitait à se souvenir qu’au XVIIIe siècle le vin, quelle que soit sa couleur et pas uniquement outre-Manche, se buvait frais. Pour cette même raison, les verres – rarement disposés sur la table – étaient placés sur les dessertes, dans des seaux à rafraîchir remplis d’eau et de glace, et apportés aux convives à la demande. Un même verre pouvait servir à deux ou trois personnes. Une époque où les gestes barrières n’existaient pas…

La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne