Paysage(s)

Le 07 novembre 2019, par Anne Doridou-Heim

Artiste rare sur le marché français, Ilya Kabakov retenait particulièrement l'attention.

Ilya Kabakov (né en 1933), Paysage aux pins, 1990, huile, vêtement et Isorel sur panneau, 210 150 cm.
Adjugé : 124 950 

Parmi les six œuvres aux forts accents slaves provenant de la collection Jean Deleage, celle d’un artiste de l’ex-URSS installé aux États-Unis, Ilya Kabakov (né en 1933), retenait particulièrement l’attention. Sa présentation au sein de la vaste installation He lost His Mind Undressed, Ran Away, Naked, 2 à la galerie new-yorkaise Ronald Feldman en 1990 était relatée en page 38 de la Gazette du 25 octobre (no 36, voir l'article Le monde fantastique d’Ilya Kabakov). C’est en solitaire que ce Paysage aux pins, un titre bien classique pour un panneau qui l’est moins de par sa technique de réalisation mêlant huile, Isorel et vêtement (un caleçon semblant négligemment posé sur le rebord), décrochait à Paris 124 950 €. En 2014, les organisateurs de Monumenta avaient invité Ilya et sa femme Emilia, née comme lui à Dniepropetrovsk (dans l’actuelle Ukraine) et avec laquelle il travaille depuis 1988, à présenter une installation. L’Étrange Cité, une ville utopique avait séduit et intrigué : elle exposait leur conception d’un univers idéal constamment exploré, l’envie d’un monde meilleur impossible à obtenir. Il ne s’agit pas de faire un diorama ni de reconstituer un endroit réel, mais bien d’emmener le spectateur dans des projections mentales et de le conduire à une introspection. Élevé sous le régime totalitaire soviétique, diplômé en 1957, ayant rejoint un mouvement d’artistes conceptuels opposés à la ligne officielle et connaissant comme tant d’autres dans les années 1970 la vie en appartement communautaire, l’imaginaire est pour Kabakov le biais trouvé pour s’échapper de la réalité. Provenant de la même collection, une autre installation, School Girl (34,5 166,5 cm, prof. entre 2 et 10 cm), cette fois du duo Vitaly Komar (né en 1943) et Alexander Melamid (né en 1945), retenait 20 400 €. Ces artistes conceptuels ont travaillé en tandem de 1965 à 2003. C’est ensemble qu’ils initient le mouvement «sots art», homologue soviétique du pop art. Présents à Kassel en 1987, ils seront les premiers artistes russes exposés à la Documenta. Tout autre ambiance et autre provenance également pour Les Peupliers (82,5 65 cm), objets d’une huile sur toile d’Henri Martin (1860-1943). Ni introspection ni art conceptuel, c’est dans les variations colorées d’un sous-bois automnal que le peintre emmène le spectateur. Cette peinture recevait 44 625 €.

Panorama (après-vente)

Le Cartier de Kiev

Le 07 novembre 2019, par Anne Doridou-Heim

Ce collier est signé de Marchak à Paris, et date des années 1950. La maison a été créée en 1868 à Kiev.

Le chapitre bijoux de cette dispersion de collections particulières (voir page 112), menée mercredi 30 octobre à Drouot par la jeune maison Brunel - Dejean de La Bâtie, s’est auréolé des 26 137 € de ce collier souple en platine et or gris, formé de deux lignes de diamants de tailles brillant et baguette. Comme précisé page 39 de la Gazette n° 36, voir l'article Signé Marchak, il est signé Marchak à Paris et date des années 1950. Il s’agit de la seconde période de production de cette maison installée à Paris par Alexandre, l’un des fils de cette famille ayant immigré d’Ukraine. La marque était déjà célèbre à Kiev, où elle avait été créée en 1868, ce qui lui avait valu de compter les Romanov dans sa clientèle et d’être surnommée «le Cartier de Kiev».

mercredi 30 octobre 2019 - 14:00 - Live
Brunel - Dejean de La Bâtie
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