Les rythmes contrastés de Fernand Léger

Le 06 juin 2019, par Anne Doridou-Heim

Lorsque le peintre réinvente le thème séculaire de la nature morte à l’aulne de la modernité, cela donne un bijou de graphisme pur.

Fernand Léger (1881-1955), Nature morte aux vases, 1928, huile sur toile, 34 46 cm.
Adjugé : 191 912 

Elle était considérée comme la peinture la plus attendue de cette vacation dédiée à l’art moderne. Elle n’a pas déçu, tout au contraire, en retenant 191 912 €. Cette Nature morte aux vases, datée de 1928 et signée Fernand Léger (1881-1955), disposait de plus d’un atout sur sa table, et notamment la provenance de la galerie Louise Leiris son châssis est d’ailleurs bardé d’étiquettes d’expositions en Europe. Dans la Gazette no 20 du 24 mai, page 56 (voir l'article L’objet et la couleur pure), nous vous racontions comment l’artiste, au milieu des années 1920, a choisi de se consacrer au thème des natures mortes et de le réinterpréter, articulant ses compositions autour d’un objet fétiche ici un vase et leur donnant du rythme par le jeu de contrastes entre le noir et le blanc. Autres œuvres attendues et bien reçues étaient les trois dessins et collage de Kurt Schwitters (1887-1949). Deux datent de 1947, Mzx16 With Green Spot (25 760 €) et White Square (34 776 €, reproduit page 63 de la même Gazette), le troisième ayant été produit en 1941 s’intitulant For my Friend (29 624 €). L’Allemand, qui incarne l’esprit Dada, crée en parallèle le mouvement «Merz», abandonnant les supports classiques pour réaliser des collages à partir d’objets hétéroclites et recyclés. «Je ne vois pas pourquoi des tickets de tramway usagés, des morceaux de bois flottants, des boutons et de vieux rebuts de grenier ne pourraient pas servir de matériaux pour la peinture», déclarait-il.

mercredi 29 mai 2019 - 14:00 - Live
Oger - Blanchet , Mathias - Bournazel
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