Napoléon Ier impérial

Le 22 mars 2018, par Anne Doridou-Heim
D’après Pierre Cartellier (1757-1831), Napoléon Ier en costume de sacre, statue en marbre blanc, milieu du XIXe siècle, 87 x 40 x 42 cm.
Adjugé : 66 300 €

Record mondial pour le modèle de cette statue en marbre de Napoléon Ier en costume de sacre d’après Pierre Cartellier (1757-1831), saluée de 66 300 €. L’artiste est rare sur le marché. Seules six œuvres lui étant attribuées ou réalisées d’après lui sont répertoriées par Artnet, dont une sculpture de l’Empereur identique, qui avait alors réalisé 15 000 € chez Christie’s à New York, le 10 octobre 2016. Statuaire français du tournant du XIXe siècle, Cartellier, également professeur aux Beaux-Arts de Paris depuis 1816 avec notamment François Rude pour élève et orfèvre, est un membre officiel de l’école néoclassique. Quatremère de Quincy (1755-1849), tout à la fois architecte, philosophe, archéologue, homme politique et critique d’art, a livré une notice sur sa vie et ses ouvrages essentielle à la connaissance de son parcours. Sous l’Empire, l’artiste est honoré de nombreuses commandes. Citons la statue de Louis Bonaparte, roi de Hollande, en grand connétable en 1810 celle commémorant la capitulation d’Ulm, un bas-relief pour l’arc de triomphe du Carrousel et un Napoléon Ier en 1813 plus grand que nature, un marbre qui se trouve au musée des châteaux de Versailles et de Trianon. La Restauration ne lui en tiendra pas rigueur, puisqu’en 1815 Louis XVIII le chargera de réaliser une sculpture équestre de Louis XIV, pour célébrer le retour des Bourbons sur le trône de France !

Un joli bond

Le 22 mars 2018, par Anne Doridou-Heim
École italienne du XVIIe siècle, Cheval bondissant, épreuve en bronze à patine brune proche du modèle de Francesco Fanelli, 17,5 x 26 cm.
Adjugé : 234 000 €

Et hop ! On attendait Archimède sortant du bain, peint par Jean-Jacques Lagrenée (voir Gazette n° 10 du 9 mars page 53), et on a découvert une épreuve en bronze à patine brune d’un cheval. Cette école italienne du XVIIe siècle, présentée comme «proche d’un modèle de Francesco Fanelli» mais qui pourrait aussi bien l’être d’un autre sculpteur, tant le thème en question était apprécié et régulièrement traité dans l’Italie de l’époque , effectuait un bond sans faute puisqu’elle caracolait en tête à 234 000 €, soit bien au-delà de son estimation initiale. Ce noble compagnon crinière au vent avait tout pour plaire, outre une patine impeccable, avec sa musculature tendue par l’effort et son mouvement plein d’allant. Le XVIIe siècle voit une véritable école de plastique du cheval se développer en Italie puis en France, d’après le modèle antique initial. Cabré, au pas, au trot, bondissant, support ou non d’une sculpture équestre, l’animal est le roi des ateliers. Un nouvel âge du bronze emmené par Jean de Bologne, diffusé par Antonio Susini et repris par de très bons artistes qui n’hésitent pas à entrer dans cette course prometteuse. Pietro Tacca est l’un d’eux, Francesco Fanelli (vers 1590-1653) également.

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