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Le marathon artistique de la collection Weil-Thenon

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Belle reconnaissance du marché pour la collection Weil-Thenon.

Le marathon artistique de la collection Weil-Thenon
Fikret Moualla (1903-1967), Femme et vase de fleurs, gouache sur papier marouflé sur toile, 48,5 65,5 cm.
Adjugé : 35 100 


Débuté le mercredi 16 septembre avec des premiers succès relatés page 92 de la Gazette n° 33 (voir l'article La collection Weil-Thenon met joliment les voiles), le marathon Weil-Thenon se poursuivait deux journées encore et se concluait le lundi 21 par un produit de 1 195 306 € – sur un total d’estimations basses de 640 205 € – et sur 84,53 % de lots vendus. Une véritable reconnaissance pour les choix de ce couple d’amateurs passionnés qui a balayé tout l’art du XXe siècle, appréciant autant la figuration que l’abstraction et n’hésitant pas à acquérir parfois plusieurs dizaines d’œuvres de leurs artistes préférés. Il en est ainsi de Jacques Germain et de Lambert-Rucki par exemple (voir page de gauche), mais aussi de Fikret Moualla. Le couple possédait vingt peintures de cet artiste d’origine turque, qui ont toutes séduit pour un total de 175 890 €, Femme et vase de fleurs, une gouache sur papier, recevant à 35 100 € l’enchère la plus élevée de toutes (voir ci-dessus). Toutes également avaient été acquises lors de ventes publiques au cours des années 1970. Moualla appartenait à l’école de Paris, dont les membres avaient visiblement les faveurs de nos collectionneurs, surtout les signatures venues de l’Est… Sur leurs murs figuraient des œuvres intimistes de Marie Vorobieff, dite Marevna (1892-1984), une artiste d’origine russe plus connue pour son travail cubiste. Sa Toilette de Marika, reproduite en page 49 de la Gazette du 11 septembre (n° 31), remontait ses bas à 13 653 €. On y voyait aussi des gouaches sur papier de Léopold Survage (1879-1968), Youla Chapoval (1919-1951) et Henri Nouveau (1901-1959), dont une Composition abstraite (44,5 28,5 cm) de 1952 occupait l’espace en rythmes colorés de 4 223 €. Quant à Geza  Szobel (1905-1963), ses compositions – dont une peinture sur toile (97 64,5 cm) dansant à 8 060 € – menaient tout droit vers l’abstraction de la dernière série. La dispersion s’achevait ainsi le troisième jour avec quelques Geneviève Claisse, des œuvres de Jacques Germain (Voir page de gauche) et la lumière bleutée d’une feuille de Geneviève Asse (née en 1923) : une petite aquarelle (23,5 31,5 cm, 5 850 €) mais qui  concentre dans ses quelques centimètres carrés tout l’art de cette grande dame, représentante majeure de l’abstraction de la seconde moitié du XXe siècle. Une figure ayant toujours cultivé l’indépendance, comme nos collectionneurs.
 

Jacques Germain (1915-2001) était le plus représenté dans cet ensemble.Pas moins de trente-six numéros illustraient son travail, la plupar
Jacques Germain (1915-2001) était le plus représenté dans cet ensemble.
Pas moins de trente-six numéros illustraient son travail, la plupart à l’encre sur papier et adjugés autour de quelques centaines d’euros. S’y trouvaient aussi quelques toiles plus colorées, dont cette
Composition (65 81 cm) de 1953, peinte à l’huile sur toile et retenue à 6 503 €. Dans les années 1940, Germain a choisi de se consacrer exclusivement à la peinture et en même temps, d’abandonner le réalisme figuratif pour une abstraction lyrique, marquée chez lui par un chromatisme subtil et une sensibilité au mouvement.
Cinq gouaches et une huile sur toile étaient de Geneviève Claisse (1935-2018), gratifiée d’un nouveau record pour une œuvre sur papier (so
Cinq gouaches et une huile sur toile étaient de Geneviève Claisse (1935-2018), gratifiée d’un nouveau record pour une œuvre sur papier (source : Artnet) : une Composition (44,3 62,4 cm) de 1959, emportée à 22 100 €. L’abstraction fut le langage auquel elle ne dérogea jamais. Elle aimait à dire : «Écolière, j’étais déjà abstraite». Et c’est rapidement dans la géométrie des formes, autour du cercle et du triangle, qu’elle trouva son véritable mode d’expression. Pour transcender cette apparente simplicité, l’artiste jouait sur l’intensité des rapports de couleurs, à chaque fois différents.

La collection comptait dix œuvres de Jean Lambert-Rucki (1888-1967). Toutes ont été vendues pour un total de 71 100 €, et ce sont deux scu
La collection comptait dix œuvres de Jean Lambert-Rucki (1888-1967). Toutes ont été vendues pour un total de 71 100 €, et ce sont deux sculptures mixtes de l’artiste natif de Cracovie qui suscitaient le plus de débat. Le groupe de Mère et enfant (h. 104,5 cm), associant le bronze et le bois, retenait 24 050 € et un Coq (h. 70,5 cm) en tôle peinte et fer, celui-ci de 1945, chantait à 20 803 €.
9 363 € saluaient une Composition d’Oscar Gauthier (1921-2009). Cette huile de 1951, mesurant 62 x 50 cm, explose sur la toile à la manièr
9 363 € saluaient une Composition d’Oscar Gauthier (1921-2009). Cette huile de 1951, mesurant 62 50 cm, explose sur la toile à la manière d’un feu d’artifice. Les couleurs, étalées au couteau avec énergie, partent dans tous les sens, pour mieux faire appréhender les recherches de ce maître de l’abstraction lyrique. Il prônait une peinture sans sujet, se construisant par les lignes, les formes et la lumière, le tout avec une grande force expressive.


 

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