Chevaux et bateaux faisaient la course

Le 01 avril 2021, par Anne Doridou-Heim

Les voitures de la collection Vittorio Perrotta se lançaient les premières, suivies par des tableaux anciens et modernes emmenés par une toile de Lacroix de Marseille.

Charles-François Grenier de Lacroix, dit Lacroix de Marseille (vers 1700-1782), Port du sud avec l’arche de Titus, 1780, huile sur toile, 65,5 93 cm.
Adjugé : 221 000 

Étant donnée la situation sanitaire, la vente de voitures n’était pas gagnée d’avance. La maison enregistre donc la double satisfaction d’avoir pu la maintenir et qu’elle se soit aussi bien déroulée. La première place du podium échappait à la Ferrari Testarossa de 1989 équipée d’un moteur 12 cylindres et de 390 chevaux. Elle filait pourtant à 72 000 €, ce qui ne l’empêchait pas de se faire dépasser par une Jaguar Type D réplique du modèle de 1956, sur une ligne droite de 132 000 €. À leur poursuite, on voyait une Porsche 930 turbo de 1985 (62 400 €), une Jaguar MK II, 3,8 litres affichant une cylindrée de 3781 cc (42 000 €), ou encore une Rolls-Royce Silver Cloud III, un modèle «Corbillard» de 1962 (39 600 €). Changement total d’ambiance avec la seconde partie et le retour dans une salle de Drouot pour assister à la dispersion de tableaux anciens et modernes. L’huile sur toile de Camille Pissarro (1830-1903) peinte sur la terre de Renoir vers 1887, Femme étendant du linge, Éragny (voir l'article Camille Pissarro, poème de la banalité quotidienne de la Gazette n° 11 du 19 mars, page 61), ne quittait pas sa collection suisse. C’est cette œuvre de Lacroix de Marseille qui lui volait la vedette en enlevant 221 000 €. Le peintre de paysages et de marines livre ici une mise en scène de fantaisie dans la clarté d’une aurore radieuse. Autour de l’arc de Titus, dont la présence semble bien incongrue, la rade s’anime de pêcheurs alors qu’un fier trois-mâts, voiles baissées, attend les ordres pour reprendre la mer. Succès presque identique à 205 400 € pour les Fleurs et fruits (81 61 cm) éclatants de Bernard Buffet, posés sur une nappe en 1991. C’est enfin Jean Pougny (1892-1956) qui s’installait à la troisième place aux cimaises avec une Composition lettriste (60 50 cm) exécutée vers 1919. Cette œuvre, qui appartient à sa période suprématiste, était décrochée à 143 000 €.

samedi 27 mars 2021 - 02:00 - Live
Kohn Marc-Arthur
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