La sculpture au temps des cathédrales

Le 19 décembre 2019, par Philippe Dufour

Des trésors issus de la collection Pierre et Claude Vérité étaient dispersés à Alençon. Parmi eux trônait une Vierge romane de l’école auvergnate.

Auvergne, ateliers des «Vierges aux brassards», dernier quart du XIIe siècle. Vierge en Majesté Sedes Sapientiae, sculpture en bois polychromé, 44 19 cm.
Adjugé : 76 800 

L’antique sculpture, tenant sur ses genoux l’Enfant Jésus, est dite Sedes Sapientiae (ou «trône de la sagesse», l’une des nombreuses appellations de Marie dans les Litanies). Sculpture fragmentaire en bois polychromé (44 19 cm), elle porte la paenula cucculata, ou manteau à cagoule de la liturgie ancienne, aux plis concentriques sur la poitrine et brassards libres sous les épaules. Autant de détails qui indiquent une exécution en Auvergne, par l’un des ateliers des «Vierges aux brassards», au dernier quart du XIIe siècle. Une ancienneté et une grâce bien récompensées, car l’effigie sacrée recevait 76 800 €, à partir d’une estimation maximale de 15 000 €… Datant, elle, du deuxième quart du XIVe siècle et provenant des ateliers rhéno-mosans, une Vierge au raisin (106 37 cm) héritait de 43 520 €. Sculptée dans la pierre calcaire et polychromée, la Vierge debout présente l’Enfant, haut sur son bras gauche, portant une couronne basse et un voile. Jésus est vêtu d’une ample tunique longue et tient une grappe de raisins dans la main gauche. Toujours de ce début du XIVe siècle, mais originaire d’un atelier d’Ile-de-France, un fragment de sculpture en pierre calcaire représentait une Tête d’homme, à la chevelure et la barbe à larges ondulations, les yeux en amandes aux paupières marquées. L’œuvre (24 17 cm) était honorée de 51 200 €. Quant au Portrait posthume présumé d’Isabelle de Lorraine, attribué à Francesco Laurana (vers 1430-1502), il devait trouver preneur pour 19 200 € (voir l'article En hommage à Isabelle de Lorraine de la Gazette n° 42, page 166). Il s’agit en fait d’un buste d’applique de marbre blanc (28,5 24 cm), ciselé en Provence, vers 1476-1480. Une croix de procession assez exceptionnelle (h. 35 cm) fermait la marche : sa base est constituée d’un nœud sphérique en cristal de roche gravé en relief d’époque fatimide (fin Xe-XIe siècles), monté sur argent et cuivre au XIXe siècle. Aussi misait-on sur elle la somme de 21 760 €.

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