Un portefeuille au nom de Bonaparte

Le 10 juin 2021, par Sophie Reyssat

Le succès était au rendez-vous pour les souvenirs de l’Empire de la collection André Tissot-Dupont.

Époque de la première campagne d’Italie, mars 1796-décembre 1797, portefeuille en maroquin vert doré aux fers, serrure en cuivre argenté, marqué en lettres d’or «au citoien Bonaparte général en chef de l’armée d’Italie», numéroté 6, intérieur en cuir fauve et galon doré, 34 50 cm.
Adjugé : 49 600 

Pour un bibliophile comme André Tissot-Dupont, posséder des portefeuilles ayant protégé les secrets de l’histoire était une chose exaltante (voir l'article Les portefeuilles de la collection Tissot-Dupont de la Gazette n° 22, page 112). D’autres collectionneurs partageaient sa passion, l’estimation haute étant doublée, à 49 600 €, pour ce porte-documents au nom de Bonaparte, remontant à l’époque de la campagne d’Italie de 1796-1797. Si le portefeuille de cérémonie du premier Empire arborant le chiffre «J N» ne trouvait pas preneur, il fallait débourser 18 600 € pour celui du «cabinet noir» fabriqué par Garnesson, marqué «au Premier Consul» et «Gazettes étrangères». Un souvenir plus martial évoquait encore l’Empire, moyennant 34 100 € : une luxueuse version de sabre d’officier général (l. 101 cm), dont la chape du fourreau est gravée au nom d’Armand Viguier, chef des dragons de la garde impériale à Paris. La garde à trois branches en laiton doré de ce modèle de commande s’orne d’une aigle, surmontée de la couronne et entourée de feuilles de chêne, et du «N» inscrit dans un cartouche central, le nœud de corps et le quillon étant du modèle réglementaire du Ier vendémiaire an XII. La lame en acier damas à double gorge, ornée de trophées d’armes dorés, plonge dans un fourreau d’acier bleui, dont les garnitures de laiton portent une aigle et des frises de lauriers. Les arts décoratifs n’étaient pas en reste, puisqu’il fallait prévoir 34 100 € pour des flambeaux de la même époque reproduite page de gauche, dont les ornements font référence à l’Antiquité. Ils évoquent le travail du bronzier parisien Claude Galle, qui faisait souvent reposer ses binets sur des têtes de personnages, mais aussi celui du bronzier allemand Friedrich Bergenfeldt, qui emprunta au russe Andrei Voronikhin – architecte favori de l’impératrice Maria Féodorovna –, ses motifs de chevaux marins et de fontaines.

Travail étranger d’époque Empire, peut-être russe, paire de rares flambeaux en bronze doré au mat et au brillant, base hexagonale à ailett
Travail étranger d’époque Empire, peut-être russe, paire de rares flambeaux en bronze doré au mat et au brillant, base hexagonale à ailettes ornée de cygnes et de fontaines stylisées sommés de chevaux marins, fût en gaine à décor de tridents et de gouvernails, sommé de têtes de Neptune soutenant une fontaine, marqués «LB», h. 35,5 cm.
Adjugé : 34 100 
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