Les couleurs avant-gardistes de la collection Klapisch

Le 08 octobre 2020, par Anne Doridou-Heim

Réuni par les Klapisch, un couple de passionnés, un ensemble d’œuvres réalisées par des artistes entrés depuis dans l'histoire réussissait son examen de passage.

Claude Viallat (né en 1936), Sans titre, 1980, acrylique sur fragment de tapis, 290 130 cm.
Adjugé : 24 800 


96 % des lots étaient adjugés et le total de la vente s’établissait à 177 810 €, soit près du double de l’estimation basse. Ces bons résultats concrétisaient les choix du physicien Robert Klapisch et de son épouse Louise, tous deux amateurs curieux – elle plus avant-gardiste que lui – s’étant intéressés à des artistes en pleine construction et devenus aujourd’hui des classiques de l’art contemporain. Tous les mouvements des années 1960 à 1970 étaient représentés à travers leurs noms emblématiques. Ainsi de Claude Viallat (né en 1936), l’un des fondateurs en 1969 du mouvement Supports/Surfaces, avec cet acrylique Sans titre de 1980. L’œuvre associe le choix d’un matériau industriel, un fragment de tapis, et la répétition d’une même forme abstraite, une sorte d’osselet, qui deviendra sa signature. De bons motifs qui l’ont vue décrocher 24 800 €, confortés par une belle provenance puisqu'il s'agit de la galerie Jean Fournier, l’un des premiers promoteurs des artistes du mouvement. Il en était de même pour une technique mixte (79,5 53 cm) de Simon Hantaï (1922-2008) – et que nous pouvons qualifier d’Hantaï avant Hantaï –, une pièce ancienne de 1953 (4 960 €). Pas de résultat en revanche pour l’œuvre d’Alighiero Boetti (1940-1994) présentée en page 51 de la Gazette n° 33 du 25 septembre (voir l'article Collection Klapisch), l’acheteur ayant demandé à ce qu’il ne soit pas communiqué. L’univers de Chéri Samba (né en 1956) est bien éloigné de celui des noms que nous venons de citer. Lui ne choisit pas l’abstraction. Au contraire, c’est la figuration parfois crue qui lui permet de faire passer ses messages dénonçant à leur manière les errements de la société contemporaine. Sa palette chromatique vive et contrastée dédramatise le sujet, comme ici avec Pitié la prostituée (90 83 cm), une huile sur toile de 1980 respectée à 8 432 €. À signaler encore les 13 020 € d’une encre sur papier Sans titre (74 110 cm) tracée par Henri Michaux (1899-1984) en 1965 et les 9 672 € d’une Hyène (55 76 cm) à l’aquarelle de Gilles Aillaud (1928-2005), l’«animalier» de la figuration libre.

La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne