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Un soleil dans les nuées hugoliennes

Le 07 octobre 2021, par Anne Doridou-Heim

La maison de Victor Hugo préemptait une encre lors de la dispersion de la collection de deux spécialistes de l’écrivain, riche encore de documents intimes.

Un soleil dans les nuées hugoliennes
Victor Hugo (1802-1885), Nuées et soleil et empreinte de pièce, encre noire et lavis d’encre sur papier, 8 11,5 cm (à vue).
Adjugé : 12 571 

La Tête de gargouille, menaçante et que l’on croirait tout droit sortie de son roman historique Notre-Dame de Paris (voir l'article Les Victor Hugo de la collection Jean et Sheila Gaudon page 36 de la Gazette n° 33), devait partager la vedette avec une autre feuille de l’artiste, Nuées et soleil et empreinte de pièce (reproduite ci-dessus). Si elles recevaient le même score, 12 571 €, c’est la seconde qui était préemptée par la maison de Victor Hugo. Rouvert au printemps dernier après de longs travaux d’embellissement, le musée de la place des Vosges propose justement actuellement une exposition titrée «Dans l’intimité du génie», consacrée à ses dessins (voir page 146 de la Gazette ci-dessus mentionnée). Une troisième œuvre sur papier d’Hugo, sous la forme d’une délicate Empreinte de fougère (11 11,5 cm), recevait 5 943 €. Jean et Sheila Gaudon étaient passionnés par le grand homme des lettres et des arts et, aux côtés de ces quelques encres, possédaient surtout un fonds important d’autographes et de documents personnels. Parmi ceux-ci, une lettre de quatre pages à l’écriture dense était adressée à Édouard Plouvier (1820-1876), un ouvrier qui s’était lancé dans le journalisme et la poésie, non sans talent à lire les mots élogieux envoyés par l’auteur (4 571 €). Ensuite, quelques notes pour Les Misérables rédigées au dos d’une lettre reçue de son fils Charles, alors qu’il était en Belgique avec Juliette Drouet, se lisaient pour 4 000 €. Puis un émouvant objet qu’il dut porter sur lui était acquis à 2 628 €. Il s’agit du passeport délivré à l’écrivain alors âgé de 69 ans, et décrit ainsi : «Taille 1m69c. Cheveux blancs. Sourcils blancs. Yeux châtains. Front haut. Nez moyen…» Muni de ce viatique, Victor Hugo a pu se rendre en Belgique en mai 1871 – un refuge peu de temps après la mort de son fils Charles, pour celui qui venait de démissionner de son siège de député. Et puisqu’il est question d’intime, le plâtre de la Main de Juliette Drouet (27 8,5 cm) attribué à Charles Simon Pradier (1786-1847) – frère de James – était déposé à 2 400 €. C’est toute une part de son univers personnel qui était là livrée
aux collectionneurs.

Panorama (après-vente)

La voix de Victor Hugo

Le 07 octobre 2021, par Anne Doridou-Heim
La voix de Victor Hugo

Lors de la dispersion de la collection Jean et Sheila Gaudron consacrée à Victor Hugo (voir l'article Un soleil dans les nuées hugoliennes), par la maison Nouvelle Étude le mardi 28 septembre à Drouot (Mme Petitot), l’écrivain se faisait entendre également par les 2 251 € d’une édition originale de 1867, imprimée sur papier pelure, de son recueil de poèmes La Voix de Guernesey. Les textes, vibrants témoignages, étaient destinés à être envoyés clandestinement en France. Cet exemplaire porte un envoi autographe daté du 15 avril 1869 («J’envoie à la belle et patriotique publication Martiri italiani tous mes vœux de succès») et est enrichi d’un portrait de l’auteur gravé par Paul Chenay.

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