Turnbull, écossais, figuratif et minimaliste

Le 01 juillet 2021, par Anne Doridou-Heim

Une figure féminine ayant tout d’un totem offrait à l’artiste un nouveau record français.

William Turnbull (1922-2012), Female Figure, 1989, bronze patiné, numéroté 2/6, monogrammé et daté, 184 29 27,5 cm. 
Adjugé : 215 338 

L’artiste William Turnbull donnait raison au proverbe britannique « it never rains but it pours », pouvant se traduire par « il ne pleut jamais sans qu’il pleuve à verse ». Quasiment absent des enchères en France, voici deux fois qu’il y fait une apparition – qui plus est gagnante – en à peine plus d’un mois. Le 11 mai dernier, lors de la dispersion de la succession de Sylvie Guerlain (Fraysse & Associés), une Head 2 en bronze de 1992 fascinait jusqu’à 101 283 €. Elle était détrônée par les 215 338 € de cette Female Figure de 1989, objet du Coup de cœur de la Gazette n° 23 (voir l'article Le minimalisme totémique de William Turnbull page 24), qui devenait ainsi son nouveau record français (source : Artnet). Né dans le nord-est de l’Écosse, membre de l’école anglaise de sculpture, il ne s’éloigne jamais totalement de la figuration mais livre des œuvres épurées, minimalistes et pour certaines regardant du côté des idoles primitives. Ressemblant à un totem par sa frontalité, son économie de moyens et son attitude élancée, cette pièce offre un parfait résumé de ses préoccupations esthétiques, nourries par l’étude des œuvres du passé lointain comme dans celles de ses contemporains. La figure féminine était décidément l’emblème de l’après-midi puisqu’un dessin à l’encre de Chine de Jean Dubuffet (1901-1985) exécuté en mai ou juin 1944, Sans titre (femme debout) (28,5 9,5 cm), faisait une apparition remarquée à 60 480 €.

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