Sabres de l’idéal guerrier japonais

Le 27 mai 2021, par Anne Doridou-Heim

Réunie dans les années 1930-1940, la collection de sabres japonais d’un particulier tranchait des résultats victorieux.

Japon, époque Momoyama (1573-1603). Koto wakizashi, lame non signée, fourreau en laque acajou à décor en hiramaki-e de laque d’argent, l. 43 cm.
Adjugé : 64 000 

Le cri de guerre des samouraïs se faisait entendre à Drouot et recevait 335 920 € en récompense de son ardeur. En effet, la collection de fines lames japonaises réunie par un amateur il y a près de cent ans, et conservée par sa famille depuis (voir l'article Collection de sabres japonais de la Gazette n° 19, page 32), voyait ses estimations décliner les multiples de trois, quatre, voire cinq ! La récompense d’un beau travail honorant des sabres à un seul tranchant, dont les plus anciens – le koto wakizashi (voir photo) d’époque Momoyama (1573-1603) et celui de la période Muromachi (1333-1573) vivaient les plus beaux combats. Le premier repartait avec le résultat de 64 000 € et le second avec celui de 57 600 €. L’ingéniosité et la dextérité des artisans étaient ici réunies, dans le travail de l’acier comme dans celui de la laque, jouant de toutes leurs spécificités — et elles sont nombreuses dans l’archipel. Dans la civilisation orientale, on dit des armes qu’elles sont les bijoux des hommes ; au Japon, le katana est le symbole de la caste des samouraïs. Il représente l’âme et l’honneur du guerrier, et sa maîtrise nécessite un long et patient entraînement, un engagement total du corps et de l’esprit. Si le katana est un sabre long à deux mains, brandi sur le champ de bataille, le wakizashi est court : c’est celui qui est utilisé lors du seppuku. On comprend qu’un raffinement extrême soit porté à leur fabrication, leur usage étant réellement codifié depuis le XIIe siècle. Arme de taille et d’estoc dont on utilise le tranchant et la pointe, le sabre se porte glissé dans le obi (la ceinture), tranchant vers le haut. Parmi les autres modèles présentés, neuf résultats à cinq chiffres étaient encore portés : notamment 35 840 € pour un shinto-o-tanto d’époque Edo (1603-1868), au fourreau en laque brun et noir à décor de pivoines signé Murakiyo, ou 28 800 € pour le koto katana signé Jumyo, d’époque Muromachi, reproduit dans l’article de la Gazette n° 19.

mardi 18 mai 2021 - 15:00 - Live
Tessier & Sarrou et Associés
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