Jardin de roses fines par Lacloche

Le 25 juin 2020, par Anne Doridou-Heim

Fruit d’une relation privilégiée, ce pendentif de Lacloche est devenu le joyau d’une vente de bijoux.

Lacloche, non signé, vers 1925, ateliers Vergé Frères, pendentif octogonal en platine ajouré partiellement émaillé noir, à décor de fleurs en cristal, jadéite et pierre de lune, cabochons de jade et de saphirs, le pourtour souligné de diamants ronds et de motifs en onyx, le collier en platine aux maillons piriformes émaillés noir encadrés de motifs en cristal dépoli, alternés de cabochons de jade, saphirs et diamants, poids brut 64 g.
Adjugé : 222 500 

À l’automne 2019, Laurence Mouillefarine et Véronique Ristelhueber publiaient leur nouvel ouvrage. Ce dernier-né était consacré aux Lacloche et, pour accompagner sa publication, l’École des arts joailliers de Paris offrait aux deux autrices ses espaces d’exposition. Ainsi a-t-on pu admirer les travaux de cette dynastie de joailliers et prendre conscience de l’excellence de leurs créations. Un chapitre entier y était consacré à l’Exposition des arts décoratifs de 1925, avec la présentation notamment de deux albums inédits de gouaches figurant pendules, boîtes et bijoux spécialement réalisés pour l’événement. C’est justement grâce à ces albums que ce pendentif ajouré, délicatement gravé et orné de pierres fines (pierre de lune, jade, onyx, cristal, jade et jadéite) ainsi que de pierres précieuses (diamants et saphirs), a pu être donné à cette maison et daté vers 1925 – il avait été reproduit dans la Gazette no 10 du 13 mars dernier (voir l'article L'art déco par Lacloche page 54). Le contexte de sa commande y était rapporté : le bijou aurait été offert à l’aïeule de ses actuels propriétaires par le duc d’Orléans (1869-1926), présent délicat pour une relation qui ne l’était pas moins. Cette vraie récompense pour un travail de fourmi s’est accompagnée d’un résultat de 222 500 €, un prix saluant une nouvelle fois le talent de deux frères. Fernand et Jacques Lacloche ont osé l’audace et l’innovation technique pour séduire un public féminin en demande de luxe et de nouveauté. L’Exposition de 1925 fut leur apothéose.

Panorama (après-vente)

Belle châtelaine

Succès pour la collection de châtelaines présentée en première partie de la vente de bijoux de Beaussant Lefèvre (Émeric & Stephen Portier), et notamment pour ce modèle du XVIIIe siècle orné de miniatures polychromes, figurant de jeunes couples galants en goguette à la campagne. Mesurant 27 cm, elle accrochait 6 604 € le 16 juin, à Drouot. À sa suite, une autre, à motifs émaillés et de la même époque (h. 16,5 cm), voyait sa montre de col se balancer à 5 207 €.

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