Barye à l’honneur

Le 10 octobre 2019, par Sophie Reyssat

Un romantique combat animalier prenait la tête des bronzes d’Antoine-Louis Barye, tous très remarqués.

Antoine-Louis Barye (1795-1875), Élan surpris par un lynx, chef-modèle, épreuve en bronze patiné signée, 21,5 34 cm.
Adjugé : 46 250 

Ce n’est certainement pas de sitôt que l’on reverra une telle réunion de bronzes d’Antoine-Louis Barye, collectionnés par un homme s’étant pris de passion pour le travail de l’artiste en découvrant qu’il vivait dans son ancien appartement, quai des Célestins, à Paris. Les amateurs, français et étrangers, ne s’y sont pas trompés. Très actifs, y compris au téléphone et sur Internet, ils permettaient à 90 % des 190 lots de trouver preneur, et à cette dispersion de récolter un montant global de 800 000 € frais compris. Créé en 1841 d’après le surtout de table du duc d’Orléans montrant une chasse à l’élan, l’Élan surpris par un lynx (voir photo), décrivant une attaque dont la dimension dramatique est accentuée par la disproportion de taille des animaux, arrivait en tête de la dispersion. Il s’agit en effet d’un chef-modèle, c’est-à-dire de la première épreuve coulée à partir du modèle initial, dont le matériau fragile risquerait d’être endommagé par les manipulations du moulage au sable. Pièce unique, le chef-modèle devient alors la matrice de référence. Le Taureau debout, dans sa première version, montait sur la deuxième marche du podium moyennant 38 750 € (voir l'article Barye, une collection hommage de la Gazette n° 33, page 119), suivi de près par la seconde version de Thésée combattant le Minotaure, emporté pour 38 125 €. Tout aussi épique, le Guerrier tartare arrêtant son cheval, véritable emblème de la sculpture romantique, était salué à hauteur de 29 375 €. Outre les bronzes, quelques dessins montraient le travail préparatoire de l’artiste, observateur attentif de la ménagerie du Muséum d’histoire naturelle. Attendue au plus haut à 3 000 €, une Étude de léopard, exécutée à l’aquarelle sur traits de crayon et portant le timbre de sa signature, s’envolait ainsi à 25 625 €.

dimanche 06 octobre 2019 - 14:00 - Live
Osenat
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