Une pendule tournée vers le soleil

Le 20 mai 2021, par Anne Doridou-Heim

Dans la collection d’un amateur, les objets de curiosité le disputaient aux verreries, le tout dans un esprit fin XIXe siècle.

Mathieu Planchon (1842-1921) et Baccarat, «Fleur d’hélianthe», pendule en tôle verte, métal doré et patiné, dans un vase en cristal taillé supporté par quatre pommes de pin, h. 67, l. 22 cm.
Adjugé : 14 260 

Mathieu Planchon, natif de Bourges et installé à Paris dans les années 1870, est bien plus qu’un horloger traditionnel. Historien et théoricien de la technique, il est aussi inventeur et créateur d’automates. Il est le premier à étudier le système des pendules mystérieuses, dès les années 1897-1899, et ses travaux seront repris par Maurice Couët (1885-1963) pour Cartier. Toutes les curiosités de l’horlogerie l’intéressent, l’homme jouant des spécificités en la matière en créant aussi bien des modèles magnétiques que d’autres en forme d’éventail. Sur celui-ci, prenant l’apparence d’une fleur d’hélianthe en tôle verte et métal doré et patiné accueillie dans un vase en cristal de Baccarat taillé, le cadran tourne et l’index des heures est en forme d’insecte… qui bourdonnait à 14 260 €. Une créativité et une ode à la nature qui n’auraient pas déplu à Émile Gallé (1846-1904), maître du verre dont le vase «aux cavaliers persans» (voir l'article Gallé orientaliste dans les années 1880 de la Gazette n° 18, page 46) montait sur la première marche du podium de la collection, à 16 120 €. Même lorsque le créateur de l’art nouveau regarde vers l’art oriental et reproduit les décors émaillés mamelouks, il parsème le fond de ses pièces de fleurettes blanches.

mardi 11 mai 2021 - 14:00 - Live
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