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Collection Becker, de gala, de ville, de voyage…

Le 22 juillet 2021, par Anne Doridou-Heim

La collection de voitures hippomobiles quittait les écuries de l’industriel André Becker pour rejoindre à vive allure de nouvelles destinations.

Collection Becker, de gala, de ville, de voyage…
Portugal, troisième tiers du XVIIIe siècle. Coupé de gala du comte de Farrobo, décor peint d’angelots dans des encadrements floraux, garniture intérieure du XIXe siècle, 234 450 165 cm.
Adjugé : 286 000 

Ayant appartenu au comte de Farrobo – et non à celui de Garofa, le fameux Don César de La Folie des grandeurs (1971) de Gérard Oury –, ce coupé de gala avait tout d’un conte. Daté du troisième tiers du XVIIIe siècle, fabriqué au Portugal, il s’agissait de l’une des pièces les plus anciennes de la collection d’André Becker, qui, s’il s’est surtout intéressé aux voitures à cheval d’avant 1850, n’avait pu en acquérir que peu du XVIIIe. Son résultat de 286 000 € est malgré tout une belle surprise qui justifie la joie de l’expert devant la vente d’un tel ensemble (voir l'article André Becker en voiture à cheval... de Événement page 10 de la Gazette no 26) et qui enregistre un produit total de 1 133 900 €. Un sentiment conforté par les 27 500 € de la grande berline, de gala elle aussi mais plus récente (1848), ayant appartenu à Doña Maria Isabel de Bragança e Alvares Pereira de Melo (voir couverture et page 6 du même numéro). Interdit de sortie du territoire car classé monument historique, le coupé de voyage autrement nommé «bastardelle» (reproduit page de droite) était le seul véhicule exposé à Drouot. Sa présence a fait mouche puisqu’il rejoint les collections du musée de la Voiture de Compiègne, décidément très actif depuis quelque temps – cela porte à six le nombre de ses achats en deux mois (voir l'article En route en voiture à cheval pour le château de Compiègne… de la Gazette no 26, page 22) –, qui l’a acquis à 62 400 € par la voie — républicaine — de la préemption. Sur la route un peu encombrée mais pas polluée, on pouvait encore croiser un grand coupé de voyage dit «de Chateaubriand» fabriqué à Turin par Luigi Rossi – le carrossier du prince de Savoie-Carignan –, roulant à la vive allure de 78 000 €, une berline de ville de fabrication française vers 1780 à caisse à fond d’or et train à deux brancards, le suivant à 54 600 €, ou un très chic «road-coach» de Guiet & Compagnie à Paris stoppé sur le bas-côté à 53 300 €. Pour ceux préférant les transports publics, un modèle d’omnibus des années 1880 assurait également la liaison Hôtel de Ville-Versailles pour 28 600 €. On s’offrait un dernier détour à 25 000 € à bord d’une voiture à trois roues dite «trirote» construite à Pavie vers 1800, au décor néoclassique de frise de camées peint sur la caisse – unique spécimen de ce type connu à ce jour –, et déjà la ligne bleue de l’arrivée était en vue pour 26 000 € avec une calèche transformable appelée «wourch», de la première moitié du XIXe siècle.
 

Boneberge à Lyon, époque Empire, vers 1805, coupé de voyage dit «bastardelle», 222 x 389 x 177 cm. Adjugé : 62 400 €
Boneberge à Lyon, époque Empire, vers 1805, coupé de voyage dit «bastardelle», 222 389 177 cm.
Adjugé : 62 400 
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