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L’Assomption version Dalí

Le 11 mars 2021, par Anne Doridou-Heim

Lorsque le plus fou des artistes catalans réinterprète un épisode chrétien, évidemment, « ça décoiffe » !

L’Assomption version Dalí
Salvador Dalí (1904-1989), Assomption aux cornes de rhinocéros, aquarelle, gouache, encre brune et crayon sur papier, datée 1958-1969, 32,5 20 cm.
Adjugé : 50 700 

© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dali / Adagp, Paris 2021

La collection Jacques et Claude Rohault de Fleury, abritée dans un hôtel particulier à Neuilly, comportait une bibliothèque d’ouvrages illustrés du XXe siècle – 210 € pour Les Chansons de Bilitis, de Pierre Louÿs, enrichies par Raphaël Collin – ainsi qu’un ensemble d’œuvres sur papier exécutées par des artistes modernes. Parmi celles-ci, c’est évidemment l’aquarelle et gouache de Salvador Dalí (1904-1989) qui allait monter au plus haut. Cette feuille titrée Assomption aux cornes de rhinocéros, dessinée avec le génie créatif et fou du Catalan, n’a pas déçu, étant emportée à 50 700 €. L'évocation du mammifère africain n’a rien de surprenant, il est souvent invoqué par les surréalistes – un squelette d’un spécimen laineux figurait à l’«Exposition surréaliste d’objets» organisée à la galerie Charles Ratton en 1936. L’Italien Stanislao Lepri (1905-1980) proclamait même : «Je suis un rhinocéros !» Les deux artistes se connaissaient évidemment, Lepri étant le compagnon de Leonor Fini. Pourquoi cette fascination  ? Le symbole de puissance est évident, mais Dalí prête aussi à sa corne des croyances mystiques et aphrodisiaques – il en irait certainement tout autrement aujourd’hui – qui ne sont pas pour lui déplaire, et il la cuisine à toutes les sauces. Ici, en iconoclaste revendiqué, il n’hésite pas à l’associer à un thème chrétien des plus respectés, l’Assomption de la Vierge. Il le fait bien sûr avec un talent particulier, reconnu à 50 700 €.

Panorama (après-vente)

Foujita par lui-même

Le 11 mars 2021, par Anne Doridou-Heim

Un autoportrait de Léonard Tsuguharu Foujita de la collection Jacques et Claude Rohault de Fleury.

Foujita par lui-même

Au XVIIe siècle, Rembrandt scrute son visage à tous les âges de la vie, à la fin du XIXe, on se souvient tous de l’émouvant Autoportrait à l’oreille bandée de Van Gogh, et pour le XXe siècle, on s’arrêtera sur ceux de Léonard Tsuguharu Foujita (1886-1968). Peintre des femmes et des chats, le Japonais de Montparnasse a souvent fixé ses traits d’un crayon sûr et immédiatement reconnaissable – même sans son petit félin ! Celui-ci, rehaussé d’aquarelle (27,5 21,9 cm), présenté chez Gros & Delettrez le 3 mars à Drouot (cabinet Chanoit), accroché auparavant dans l’hôtel particulier de Jacques et Claude Rohault de Fleury, était reçu à 27 300 €.

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