Le Portrait de Minnay par Manet

Le 04 mars 2021, par Anne Doridou-Heim

Même s’il y avait peu de doutes, le haut résultat du Portrait de Minnay par Manet est une confirmation réjouissante. À ses côtés, la vie silencieuse espagnole s’exprimait.

Édouard Manet (1832-1883), Portrait de Minnay, huile sur toile, 32,5 24,5 cm.
Adjugé : 520 800 

Avec le Portrait de Minnay (reproduit ci-dessous), Édouard Manet prouve que s’il aimait les chats, il avait aussi une affection pour la gent canine et surtout qu’il savait la peindre. Sujet du Coup de cœur de la Gazette n° 5 (page 17), la boule de poils rapidement brossée pour Marguerite, sa charmante maîtresse –  et fille du propriétaire du cabaret du Père Lathuille, situé en bordure du village de Batignolles, a trouvé son nouveau maître. Celui-ci a tout de même déboursé 520 800 € pour l’adopter, un résultat des plus satisfaisants. On sait que Manet peignait très rapidement ce type de petites œuvres : des témoins assurent que celle-ci fut terminée en une vingtaine de minutes. Malgré cette vitesse, la brosse est vive et brillante, le mouvement saisi dans son instantanéité, le modelé des formes tout juste esquissé, avec un vrai brio. Même s’il en était la star incontestée, Minnay n’était pas tout seul dans cette vente au programme construit, comprenant également des peintures anciennes. Hasard heureux – lorsque l’on sait combien l’œuvre de Vélasquez, notamment, eut d’influence sur Manet –, c’est une école espagnole qui apparaissait ensuite. Après la vie animalière, on retrouvait le silence avec deux natures mortes, ou bodegones (reproduites page de droite), peintes à Séville au XVIIe siècle et pour lesquelles, bien que l’auteur ne soit pas identifié, 74 440 € étaient prononcés. Titrées avec force détails faisant écho à ceux portés sur la toile, ces deux peintures traitées dans un camaïeu de bruns sourds, montrant des bassines, bols, cruches et autres seaux à peine rehaussés de la lumière d’une assiette d’œufs pochés, évoquent les particularités inhérentes aux natures mortes espagnoles du XVIIe siècle, bien différentes de leurs cousines flamandes. Ici, point de somptuosité, tout au contraire : la composition et les objets choisis sont simples et l’éclairage est ténébriste.
 

École de Séville du XVIIe siècle. Nature morte à la bassine de cuivre, seau en bois ferré, mortier et son pilon, bols, cruche cassée et ja
École de Séville du XVIIe siècle. Nature morte à la bassine de cuivre, seau en bois ferré, mortier et son pilon, bols, cruche cassée et jarre sur un entablement avec couteau et cuillères, et Nature morte au brasero, à la cruche vernissée, coupe en terre, jarre en cuivre, cruche en terre cuite, assiette en étain aux œufs pochés et panier, paire d’huiles sur toile, 81,5 101,5 et 83,5 101,5 cm.
Adjugé : 74 440 € (les deux)
Panorama (après-vente)

Un ducat d'or vénitien

Le 04 mars 2021, par Anne Doridou-Heim

Ce ducat d’or de 10 sequins met en scène sur l’avers saint Marc assis, bénissant le doge Silvestro Vallier et lui remettant la bannière de Venise.

Les Doges vénitiens frappaient monnaie à leur image. Il ne faut pas oublier que la République, grâce au commerce maritime, était l’un des États les plus puissants et les plus riches d’Europe. Ce ducat d’or de 10 sequins au type du ducat d’argent (poids 34,76 g) – mettant en scène sur l’avers saint Marc assis, bénissant le doge Silvestro Vallier (1694-1700), et lui remettant la bannière de la cité lacustre – en était une piqûre de rappel. Rare et en bel état, la pièce retenait 27 280 €, le vendredi 26 février à Drouot, sous le marteau de Drouot Estimations (M. Parsy).

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