Enchère impériale sur un vase Ming

Le 24 juin 2021, par Philippe Dufour

Cette pièce à la silhouette sculpturale illustre le degré d’excellence atteint par les porcelaines bleu et blanc à l’époque de Yongle… Aussi s’est-elle envolée jusqu’à 4,55 M€.

Chine, époque Yongle (1403-1424), vase de forme meiping en porcelaine à décor en bleu sous couverte, h. 36 cm.
Adjugé : 4 550 400 

Très attendue, cette pièce de forme meiping – soit «vase à fleurs de prunus» – à décor en bleu sous couverte (h. 36 cm), devait être couronnée par 4 550 400 €, soit trois fois son estimation haute (voir l'article Les fastes « bleu et blanc » d’un vase Ming de la Gazette n° 23, page 28). Il n’a pas fallu huit minutes pour que cinq enchérisseurs – tous chinois – fassent monter les enchères au téléphone, jusqu’à la victoire de l’un d’entre eux, réalisant ainsi l’une des enchères les plus fortes prononcées en France pour 2021 – à ce jour. Si les potiers de la période Yongle ont pu porter le style bleu et blanc vers des sommets rarement égalés, ils le doivent à leurs prédécesseurs de la dynastie Yuan (1279-1368), qui ont brillamment mis au point la fameuse bichromie, à partir des modèles persans et grâce aux importations de l’indispensable bleu de cobalt. La délicatesse du trait se double ici de l’opulence des motifs, disposant sur deux registres pas moins de dix fruits différents, litchi, grenade, pêche, raisin, etc. Retour en Occident, et précisément dans le royaume de France, en ce début du XVIIIe siècle, pour découvrir deux séduisants portraits de dames. Le premier représenterait Élisabeth d’Arcy, baronne de Prangins (82 65 cm) ; la toile, dans un cadre en bois doré de la même époque, est attribuée à Louis Tocqué, ce qui lui a valu de décrocher 27 808 €. Le second, une école française vers 1710, de l’atelier de Pierre Gobert, serait le Portrait de Marguerite de Ligniville, princesse de Beauvau-Craon, en Hébé (148 99 cm) ; la jeune femme costumée en déesse saisissait 13 272 €. Presque contemporaine, une imposante console en noyer richement moulurée et sculptée, en façade et sur les côtés, de coquilles, fleurs, feuillages et volutes, prenait la pose avec 12 640 €. Avec ses quatre pieds cambrés terminés par des pieds de biche, et son plateau de marbre, il s’agit d’un travail lyonnais (90 217 81 cm).

La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne