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Léopold Survage dans l’arène

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Le peintre à l’œuvre singulière, se situant à la lisière entre le cubisme et le surréalisme, se cabrait aux enchères avec un cheval de 1933.

Léopold Survage dans l’arène
Léopold Survage (1879-1968), Le Cheval, 1933, huile sur toile, 162,5 130 cm.
Adjugé : 149 500 

Cette saison, la collection des frères Morozov est sur les cimaises de la Fondation Vuitton, quelques années après celle de Chtchoukine (hiver 2016-2017) et certainement avec le même succès public, tant il s’agit d’un volet historique. C’est par ces ensembles uniques que Léopold Sturzwage – avant qu’il ne change son nom pour Survage –, né à Moscou et fils d’un fabricant de pianos au regard sensible, découvre la peinture française moderne, celle qui lui donne envie de devenir artiste puis de venir apprendre à Paris. Nous sommes en 1908, époque de la naissance du cubisme. Il regarde du côté de Matisse, de Cézanne, de Picasso et de Braque, devient l’ami de Léger, Gleizes et Modigliani – lequel fait son portrait –, fréquente les cafés de Montparnasse et forge sa propre personnalité picturale. Il emploie pour ce faire des éléments figuratifs schématisés – ici un cheval, son cavalier et un taureau – qu’il combine à des perspectives dissociées, aboutissant à une œuvre bidimensionnelle présentée comme «une synthèse plastique de l’espace». Entre 1924 et 1932, il séjourne souvent à Collioure, ressentant le besoin de se ressourcer aux mythes antiques et aux traditions de la Catalogne. Il revient à plus de figuration, tout en laissant toute leur place aux rêves. Le monde de la corrida en fait partie… C’est à lui qu’il fait référence dans Le Cheval, une toile de 1933 pour laquelle la bataille s’achevait à 149 500 €, un résultat entrant dans son top ten (source : Artnet). D’autres peintures étaient accrochées dans cette vente. Une classique vue de village sous un ciel d’orage (54 65 cm), celle-ci datée 1947 et de Maurice de Vlaminck (1876-1958), retenait un prix tout aussi classique pour ce type d’œuvre, 49 400 €. Quant à la feuille de Balthus (1908-2001), également signalée en page 59 de la Gazette n° 36 (voir l'article Léopold Survage, une œuvre singulière), fixant à la pierre noire et à l’aquarelle une Jeune fille étendue (50,6 64,8 cm), elle recevait 15 600 €.

L’esprit René Boivin vers 1935

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Joli succès pour un bijou élégant, emblématique de la création de cette maison de joaillerie dans les années 1930.

L’esprit René Boivin vers 1935
Maison René Boivin, vers 1935, bracelet rigide et ouvrant en or jaune orné de deux motifs en «S» amovibles pouvant former clip de revers en platine entièrement sertis de diamants, poids brut 89,8 g.
Adjugé : 127 400 

On ne présente plus la maison René Boivin tant ses pièces font depuis 1890, par leur originalité et leur audace, le bonheur des élégantes. Si son fondateur décède prématurément en 1917, son nom demeure, repris en main par des femmes de tête et de talent. On connaît l’histoire : son épouse Jeanne (1871-1959), sœur du couturier Paul Poiret, a la judicieuse idée de s’octroyer les services d’une petite débutante, Suzanne Belperron (1900-1983), qui saura ouvrir la griffe aux codes géométriques et épurés de l’art déco, avant de claquer la porte en 1932 et d’être remplacée dès l’année suivante par Juliette Moutard (1900-1990). Cette nouvelle styliste va progressivement imposer sa patte en concevant des bijoux en mouvement. C’est ce que montre ce bracelet ouvrant en or, orné de deux motifs amovibles en platine entièrement sertis de diamants dessinant un «S» et qui, petit supplément de luxe, peuvent se faire clips de revers. Du grand art, accroché à 127 400 €.

mercredi 20 octobre 2021 - 14:00 (CEST) - Live
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