Les libellules volaient haut

Le 08 décembre 2017, par Anne Doridou-Heim

Les créations joaillières art nouveau de René Lalique (1860-1945) n’en finissent pas de nous surprendre par leur virtuosité et leur inventivité, et le marché bruisse à chacune de leurs apparitions.

René Lalique (1860-1945), vers 1900-1908, pendentif en or stylisant quatre libellules les ailes déployées en émail plique-à-jour, ponctuées de diamants taille ancienne et de roses couronnées, retenant un doublet d’opale en serti clos, accompagné de son écrin, poids brut 22,80 g, l. avec la chaîne 51,5 cm.
Adjugé : 183 280 €

La libellule est un motif qui l’inspire, mais, à l’instar des mots de Paul Verlaine, elle n’est à chaque fois «ni tout à fait la même ni tout à fait une autre», et si nous aussi faisons ce rêve, étrange et pénétrant, d’un jour en détenir une, un collectionneur a franchi le pas en accrochant ces quatre-ci formant un pendentif à 183 280 €. Les jolies demoiselles volaient haut, ne craignant pas de se brûler les ailes à l’approche du soleil. Elles rappellent que René Lalique a commencé sa carrière en créant des bijoux. Il apprend à maîtriser les techniques et les codes de la joaillerie traditionnelle, avant de s’en affranchir pour écrire son propre langage et devenir, selon Émile Gallé, l’inventeur du bijou moderne. Laissant dans les pochons les pierres précieuses, il donne leurs lettres de noblesse au verre, à l’émail, à la corne, à l’ivoire et aux pierres semi-précieuses – ici une opale. Son stand, dans le Pavillon des bijoutiers lors de l’Exposition universelle de 1900, retient l’attention de tous. Lalique est alors à l’apogée de son art dans ce domaine.

mercredi 29 novembre 2017 - 14:00 - Live
9, rue Drouot 75009 Paris
Thierry de Maigret
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