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La modernité vue par Foujita, Masson et Lhote

Le 09 janvier 2020, par Philippe Dufour

Vendus lors de la même vacation, deux dessins pour une seule œuvre, signée Tsuguharu Foujita : l’événement est assez rare pour être souligné.

La modernité vue par Foujita, Masson et Lhote
Tsuguharu Foujita (1886-1968), Portrait d’une petite fille, 1956, dessin à l’encre de Chine et lavis, 38 28,5 cm. Certificat de Mme Sylvie Buisson.
Adjugé : 37 020 €
© Fondation Foujita / Adagp, Paris, 2020

Emblématique de la production des années 1950 de Foujita, ce duo inhabituel reprend le Portrait d’une petite fille assise, et les mains sagement posées sur sa blouse d’écolière (voir l'article D’Alfred de Dreux à Léonard Foujita Gazette n° 44, page 91). Une allure tout en retenue, démentie cependant par le petit sourire et le regard espiègle du jeune modèle. Exécuté en 1956, le dessin à l’encre de Chine et lavis (38 28,5 cm) est accompagné de son esquisse au crayon (37,5 29,5 cm), datée du 25 avril de la même année. La première composition arrêtait sa course à 37 020 €, alors que son dessin préparatoire partait à 22 829 €. On revenait ensuite au début du XXe siècle, avec un tableau du début de la carrière d’André Lhote, intitulé Paysage, la forêt (77 60 cm), daté de 1908. Cette huile sur carton marouflée, exalte l’usage d’une couleur qui se souvient des leçons des fauves, avec le vert et le jaune cru de ses arbres, sur un fond de sous-bois aux tons bleus… À cette époque, Lhote, d’origine bordelaise, est installé à Paris depuis un an, et a déjà exposé trois œuvres dans ce style au Salon d’automne. Ce n’est qu’en 1912 qu’il adhère totalement au mouvement cubiste, avec une autre vue d’extérieur : un Paysage français. Passé par les collections de Mmes Lhote puis Berman, notre composition précoce nécessitait 35 786 €. Autre artiste aux visées révolutionnaires, le surréaliste André Masson : il signait, lui aussi, un Paysage (48,5 47,5 cm), datant de 1944. Réalisée au pastel, et marouflée sur toile, l’œuvre propose des vues éclatées, contenues dans de larges taches colorées. Fort séduisante, elle attirait 12 340 €. En revanche, la toile d’Alfred de Dreux Cavalier à la casaque rouge…, reproduite page 91 de La Gazette n° 44, n’a pas été vendue.

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