Eugène Grasset pour Vever

Le 25 juin 2020, par Anne Doridou-Heim

Cette broche troublante, dessinée par Eugène Grasset pour Vever, a réussi son apparition.

Eugène Grasset (1845-1917) pour Vever, Apparitions, broche en or repoussé et émail cloisonné translucide et opaque, ivoire ponctué de cabochons de citrine et de roses couronnées, vers 1900, 5 cm.
Adjugé 96 600 

Folle semaine au chapitre des bijoux. Après les fulgurances de l’époque art déco, un retour vers l’art nouveau et son symbolisme s’imposait. Voici donc que s’accrochait à 96 600 € une broche en or repoussé et émaillé, rehaussé d’ivoire, de cabochons de citrine et de roses couronnées. Sur ce petit objet, deux têtes troublantes, l’une fantomatique aux yeux clos, l’autre assez inquiétante, émergeaient de l’onde – pour mieux y replonger ? C’est Eugène Grasset (1845-1917), un touche-à-tout de génie marqué par les esthétiques préraphaélite et symboliste, qui en a dessiné le modèle pour la maison de joaillerie Vever (voir l'article Eugène Grasset pour Vever page 46 de la Gazette n° 23 du 12 juin). Les deux frères en question, Paul et Henri Vever, ne sont pas des inconnus : après avoir réussi dans la haute joaillerie, ils proposent une nouvelle ligne, dite «artistique», pour l’Exposition de 1900. Un parti pris qui sera couronné de succès pour les joailliers comme pour le créateur dans un contexte ouvert à l’étrangeté du symbolisme, les critiques utilisant l’adjectif «fatal» pour la définir. Moins d’originalité, mais un pouvoir d’attraction presque aussi fort émanait d’une autre broche. En or et platine, habillée d’une émeraude rectangulaire de Colombie à pans coupés épaulée de deux diamants de taille ancienne, celle-ci irradiait d’un vert très intense et attrapait 83 720 €.

jeudi 18 juin 2020 - 14:00 - Live
9, rue Drouot 75009 Paris
Thierry de Maigret
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