Écoles hollandaise et française à Senlis : les raisons d’un succès

Le 15 décembre 2017, par Philippe Dufour

À Senlis, deux très belles surprises émaillaient la vente du dimanche 10 décembre, à l’Hôtel des Ventes de Senlis.

Cornelis Visscher (1629-1658), Portrait d’une dame de qualité, pierre noire sur vélin, signé «C de Visscher fec», 39 x 30 cm.
Adjugé : 244 000 €

Au sein d’un total de 722 753 €, réalisé sur les 81, 67 % de lots vendus, des records mondiaux ont été inscrits par deux pièces provenant de l’ancienne collection Georges Dormeuil (1856 -1939), œuvres qui ornaient jusqu’il y a peu l’ancienne demeure senlisienne, «La Bellefontaine», de l’industriel du textile. Après une rixe acharnée entre cinq enchérisseurs internationaux au téléphone, le dessin de Cornelis Visscher intitulé Portrait de jeune femme à l’éventail et estimé 10 000 à 15 000 €, était adjugé plus de vingt fois plus, soit à 244 000 €… Ce qui effaçait le précédent record pour un dessin, à 164 500 €, chez Artcurial, à Paris, le 31 mars 2016 (source Artnet). On peut expliquer ce triomphe par la qualité du tracé, à la pierre noire sur vélin, d’une grande finesse d’exécution et dans un très bon état de conservation. Ajoutons à cela un pedigree avantageux : il portait en plus du cachet de la collection Dormeuil, celui de la célèbre collection Defer-Dumesnil ; au cours de la dispersion de cette dernière, Georges Dormeuil l’avait acquis pour 1 200 F le 10 mai 1900. À la seconde marche du podium venait ensuite un buste en terre cuite réalisé par le sculpteur Étienne Gois, un impressionnant Portrait de femme en buste. Il s’affirmait lui aussi comme record mondial avec 64 660 € (source Arnet). L’acheteur, un collectionneur étranger, avait sans doute été sensible au réalisme saisissant de cette pièce. Sensiblement de la même période, le portrait dit de l’acteur François René Molé, exécuté par Étienne Aubry, peintre du roi Louis XVI, doublait son estimation à 24 400 €, soit le  quatrième meilleur résultat français pour l’artiste, tous supports confondus (source Artnet). Commenté dans la Gazette n° 42 (voir page 213), ce tableau attirait l’œil tant par la finesse du détail des broderies de la veste et du jabot de dentelle, que par la présence du modèle. Mais ne quittons pas l’Ancien Régime, avec une tapisserie de la manufacture royale de Beauvais, tissée sous Louis XIV, représentant Apollon et les Muses. Son prix de 30 380 € s’expliquait par la rareté de l’objet, et son luxe, car composé de laine, de soie et de fils d’or.

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