Guanyin ou les métamorphoses d’une divinité bouddhique

Le 01 avril 2021, par Philippe Dufour

Version chinoise – et féminine – du bodhisattva indien Avalokiteshvara, la déesse adopte la forme inhabituelle d’une statue de bronze de l’époque Ming… Succès assuré !

Chine, période Yuan-début de la période Ming, fin du XIIIe-XIVe siècle. Statuette de Guanyin Avalokiteshvara en bronze à patine brune avec traces de laque or, h. 33 cm.
Adjugé : 112 530 

L’artefact réalisait le score notable de 112 530 €, soit presque le double de l’estimation haute, portée sur une pièce il est vrai fort rare dans ce matériau aux XIIIe et XIVe siècles, période de sa réalisation. Analysée longuement dans la Gazette n° 12 (voir l'article Guanyin, la bien-aimée page 117), l’effigie de Guanyin (h. 33 cm) a également pour elle d’avoir adopté une position élégante, dite «de délassement royal» – ou «rajalilasana» en sanscrit – car affichée par les représentations de rois et de notables de la cour dans les premières sculptures bouddhiques. Et de fait, la statue, revêtue d’étoffes fines et de nombreux bijoux, présente un caractère véritablement princier. On restait dans les volumes métalliques avec le lot suivant : une emblématique Compression de César Baldaccini, plus connu sous le seul nom de César. C’est en 1959 que l’artiste marseillais, utilisant une presse «américaine» pour compresser les carcasses de voitures, débute cette fameuse série, qui le rendra universellement célèbre. Signé sur un bord, notre cube aplati (30 30 10 cm) a enthousiasmé un collectionneur, prêt à en offrir 14 520 €. En guise d’épilogue, voici ces quelques notes tirées du clavier d’un piano Petrof : cette marque a vu le jour en 1864 à Hradec Králové, en Bohême, fondée par le tchèque Anthony Petrof. On en avait ici un exemple plus contemporain, un demi-queue laqué noir (153 156 cm), adjugé 6 776 €.

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