Tabatière art déco par Cartier

Le 07 janvier 2021, par Anne Doridou-Heim

Cette tabatière révélait le précieux savoir-faire de la maison Cartier à l’époque art déco.

Cartier, vers 1925. Tabatière en or jaune, jade et laque noire incrustée de diamants et de nacre, 1,3 8,3 5,5 cm, poids 116,4 g.
Adjugé : 38 400 

Pour réaliser cette tabatière, Cartier remet à l’honneur une technique particulièrement raffinée découverte sur de petits objets importés aux XVIIe et XVIIIe siècles, en plein essor des chinoiseries. En effet, son décor de pêcheurs dans un paysage lacustre éclairé d’une pleine lune est exécuté en laque, incrustée de minuscules fragments de burgau. Ce sont les Chinois qui l’ont mise au point avant que les Japonais – essentiellement les habitants des îles Ryukyu, un archipel nippon en mer de Chine – ne l’empruntent à leur tour. La maison joaillère y apporte sa touche pour plus de sophistication encore, ajoutant à la nacre des incrustations de petits diamants : une subtilité qui a mené cette petite boîte à un résultat de 38 400 €. Au milieu des années 1920, avec ces objets de vitrine, Cartier écrit ainsi une nouvelle page de l’époque art déco ainsi que de l’engouement pour les lointains empires de l’Est. Ce qu’elle cherche alors, c’est à découvrir comment, à partir des arts anciens, on peut produire de l’inédit. Dès les premières années du XXe siècle, en précurseur, Louis le fondateur et ses dessinateurs ont su délaisser les lignes sinueuses de l’art nouveau pour s’aventurer sur la terra incognita de la stylisation géométrique associée au mariage de couleurs audacieux. L’art déco sera pour elle un véritable feu d’artifice.

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