Record du monde pour Richard Cosway

Le 09 janvier 2020, par Anne Doridou-Heim

Provenant de la collection d’un professeur de chirurgie français, six feuilles anciennes dont deux anglaises ont balayé les pronostics.

Richard Cosway (1742-1821), Portrait du prince de Galles, futur George IV, aquarelle, crayon noir et gomme arabique, 22,8 14 cm.
Adjugé : 416 000 

Le nom de Marie Théodore Tuffier (1857-1929) est connu du monde médical international pour son apport exceptionnel à la chirurgie moderne. Il l’était moins des amateurs de dessins anciens, ce qui risque de changer avec les hauts résultats venus récompenser des feuilles des XVIIe et XVIIIe siècles dispersées par ses héritiers. Le Portrait de Pierre Hurel, peintre (27 20 cm) réalisé par Nicolas de Plattemontagne (1631-1706), un élève de Philippe de Champaigne, accrochait par exemple 42 240 €. Les deux plumes aux sujets maritimes de Pierre Puget (1620-1694), dont l’une reproduite en page 39 de la Gazette n° 43 du 13 décembre (voir l'article Morceaux choisis de la collection Tuffier), prenaient le large à 25 600 et 24 320 €, et le charmant ensemble de Six portraits de famille convoquant Mme Brochier, Mme Nattier, Mme Toqué, Mlle Sophie Nattier, épouse de M. Chala, et M. Nattier fils, réunis dans un montage (46,4 60 cm) et croqués à la pierre noire et à la sanguine par Jean-Marc Nattier (1685-1766), séduisait à 96 000 €. Les surprises venaient surtout des deux dessins britanniques de la collection, et notamment du Portrait du prince de Galles, futur George IV (1762-1830) (reproduit page de droite) de Richard Cosway (1742-1821), bataillé au téléphone par plusieurs enchérisseurs jusqu’à 416 000 €. Un résultat qui signe un record du monde pour un artiste rare sur le marché le 2 juillet dernier chez Christie’s à Londres, son Portrait de Maria Fitzherbert, proche d’exécution et qui fut également offert par le prince de Galles à la jeune dame portraiturée, était emporté à 81 250 £ (95 187 €) et pour un dessin dont la trace avait été perdue. Le futur roi d’Angleterre George IV, souhaitant être immortalisé avec beaucoup de panache, avait choisi un artiste réputé pour ses talents de miniaturiste et qu’il appréciait particulièrement M. John Lloyd nous apprend d’ailleurs qu’il voudrait à sa mort être enterré avec une miniature de Cosway ! Et d’allure, il est certain que cette œuvre ne manque pas. Quelques numéros plus loin, La Charrette dans le chemin creux de Thomas Gainsborough (1727-1788) témoignait, à 99 840 €, du talent à camper la nature de l’un des plus grands artistes anglais du XVIIIe siècle. En effet, si c’est grâce à son extraordinaire aptitude dans l’art délicat du portrait qu’il a connu le succès, Gainsborough était aussi un maître dans celui du paysage, abordé via un chemin très personnel, libre et poétique.

Thomas Gainsborough (1727-1788), La Charrette dans le chemin creux, pierre noire et rehauts de craie blanche sur papier bleu, 21,5 x 28,2 
Thomas Gainsborough (1727-1788), La Charrette dans le chemin creux, pierre noire et rehauts de craie blanche sur papier bleu, 21,5 28,2 cm.
Adjugé : 99 840 
lundi 16 décembre 2019 - 13:30 - Live
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