Marie-Hélène de Rothschild, un écrin en or

Le 07 janvier 2021, par Anne Doridou-Heim

La boîte à merveilles de Marie-Hélène de Rothschild a laissé s’échapper des bijoux racontant l’histoire de leur propriétaire et son amour pour eux.

Saint-Pétersbourg, 1899-1900. Pendentif en or jaune et argent en forme de cœur à décor ajouré et ciselé de feuillages sertis de diamants, entourant une aigue-marine cordiforme d’environ 100 ct, h. 7,5 cm, poids brut 60,3 g.
Adjugé : 156 000 

630 000 € venaient se déposer précieusement dans l’écrin de bijoux de Marie-Hélène de Rothschild (1927-1996), garni avec le raffinement qui caractérisait l’épouse du baron Guy. Celle qui affirmait avoir l'œil et y avoir été formée par Chanel avait un amour immodéré pour les bijoux. Elle y voyait un symbole tout à la fois de pouvoir, d’histoire et de raffinement. Ainsi n’était-il ici pas simplement question de pierres et de carats. Il s’agissait de bien plus que cela : de signatures de grandes maisons, de pièces anciennes et d’une indéniable curiosité joaillère, le tout participant au sentiment d’appartenance à une lignée de goût. C’est bien ce qu’exprime ce pendentif en forme de cœur en or et argent enrichi de diamants et d’une aigue-marine d’environ 100 ct, conçu à Saint-Pétersbourg à l'aube du XXe siècle par un orfèvre non identifié. Il était suspendu à 156 000 €. Il en était de même avec un autre attribué à Cartier et datant des fabuleuses années 1925. Composé de diamants et onyx entourant une émeraude coussin de Colombie – la plus belle origine – de 25 ct, ce modèle d’un luxe raffiné se détachait à 254 800 €. Un rare pendentif au chiffre impérial de Napoléon III et d’Eugénie est une pièce historique s’il en est. En forme d’astre rayonnant constitué d’une améthyste bordée de roses diamantées et d’émeraudes aux quatre points cardinaux et complété d’une perle fine en pampille, ce bijou pouvant se transformer en devant de corsage témoigne des fastes du second Empire. Il peut être attribué à Alexandre-Gabriel Lemonnier, joaillier de la Couronne à partir de mai 1853 et qui réalisa notamment la couronne de l’impératrice Eugénie – aujourd’hui conservée au Louvre. 46 000 € sont venus l’honorer. Preuve de sa modernité, la baronne appréciait aussi les créations contemporaines exclusives. Une bague en or jaune de JAR (Joël Arthur Rosenthal), à l’anneau parsemé de poussière de diamant et de géode d’agate et centrée d’un diamant troïda de 6,31 ct, étincelait à 201 500 €. On l’imagine aisément à son doigt lors de l’une des fameuses soirées dont elle avait le secret.

mardi 15 décembre 2020 - 06:00 - Live
Pierre Bergé & Associés
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