Le retour du dragon à cinq griffes

Le 03 septembre 2020, par Philippe Dufour

L’intitulé de cette vacation, «Morceaux choisis», s’est révélé des plus justes : on y dévoilait quelques pépites allant de l’art asiatique aux grands crus, en passant par un maître de la peinture française du XVIIe siècle… pour comptabiliser 98 % de lots vendus.

Chine, XVIIIe siècle. Boîte en laque cinabre, à décor central d’un dragon pourchassant la perle sacrée, un tiroir coulissant, 7 38 33 cm.
Adjugé : 124 800 

En tête des résultats s’installait cette importante boîte en laque impériale cinabre (7 38 33 cm), réalisée en Chine au XVIIIe siècle et redécouverte lors d’un inventaire. Sur son couvercle, le décor central met en scène le fameux dragon pourchassant la perle sacrée dans un entourage de flots et rinceaux, alors que les côtés sont ornés de dragons affrontés. Ouvrant par un tiroir coulissant, ce coffret, gardé par l’animal fabuleux aux cinq griffes, a été ferraillé pendant plus d’une demi- heure entre des collectionneurs chinois, qui l’ont propulsé à 124 800 €. Retour en Europe avec un peintre de grande valeur, né à Montpellier au XVIIe siècle : Sébastien Bourdon (voir l'article Bonald, un grand nom du Sud-Ouest de la Gazette n° 29, page 90). Il signait là un Portrait présumé d’Étienne de Bonald (1574-1657), une toile de format ovale peut-être anciennement en rectangle (105,6 86 cm). Le tableau provenant de la collection du vicomte de Bonald, descendant du modèle – lui-même personnage fort puissant du Languedoc – pourrait aussi représenter le fils d’Étienne, Pierre de Bonald (1599-1676), conseiller du roi, bailli de Millau et Roquefort, conseiller d’État en 1659 et président en l’élection de la Haute Marche du Rouergue. On le décrochait pour 27 300 €. Plus récent s’avérait le lot suivant : une aquarelle gouachée d’Alexandre Benois pour un Projet de théâtre datant de 1916 (41 29,5 cm) ; signée et annotée en bas, elle rappelait, à 26 000 €, le travail élégant et novateur de ce peintre, décorateur et scénographe d’origine russe – qui devait d’ailleurs fournir en 1911 le décor pour la production originale de Petrouchka d’Igor Stravinski… Changement d’atmosphère avec un impressionnant assortiment de treize bouteilles ; millésimé 1989, il comprend deux romanée-conti, deux échezeaux, deux romanée-saint-vivant, trois la-tâche, trois richebourg et une grand-échezeaux. De purs nectars pour lesquels il fallait avancer 53 320 €.

mercredi 29 juillet 2020 - 13:00 - Live
31, boulevard d'Alsace - 06400 Cannes
Pichon & Noudel-Deniau (Azur Enchères)
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