Les voix intérieures d’Augustin Lesage

Le 22 octobre 2020, par Philippe Dufour

L’intérêt pour les pièces d’art médiumnique ne faiblit pas, en témoigne un chapitre écrit par des plasticiens très inspirés comme le peintre du Nord Augustin Lesage. C’est un meuble tout aussi étonnant qui l’accompagnait, réalisé selon la technique de l’«intarsia».

Augustin Lesage (1876-1954), Sans titre, huile sur toile signée en bas à droite «A. Lesage», 97 74,5 cm.
Adjugé : 33 600 

Le parcours de vie d’Augustin Lesage se révèle tout aussi insolite que son art. Il naît dans une famille de mineurs à Saint-Pierre-lez-Auchel, dans le Pas-de-Calais, et descend à la fosse, à son tour, dès la fin de l’école primaire… Ce n’est qu’à 35 ans, en 1911, qu’il se met à dessiner et à peindre, après avoir entendu, alors qu’il travaillait dans une galerie de la mine, une voix lui prédisant : «Un jour, tu seras peintre.» Dix ans durant, il mènera de front son labeur et sa mission artistique (avec une interruption due au premier conflit mondial), se pliant toujours aux injonctions venues de l’au-delà. Éminent représentant du mouvement spirite rattaché à l’art brut, il est à ce titre bien représenté dans la collection constituée par Jean Dubuffet à partir de 1945… C’est au cours des années 1920 que Lesage a commencé à user des couleurs pures pour réaliser de grandes compositions aux motifs presque toujours abstraits, où apparaissent parfois, ici et là, des visages ou des animaux. Datant de cette période d’épanouissement de son art et probablement réalisée entre 1926 et 1930, la toile Sans titre (97 74,5 cm) – et sans chassis –, est signée en bas à droite. Cet exemple saisissant de l’art du peintre médiumnique a obtenu 33 600 €. Un imposant meuble (239 143 x 62 cm) lui succédait : un buffet deux corps, parties basse et haute ouvrant chacune par deux portes. Sa particularité ? Un décor sur trois faces de marqueterie en «intarsia» (composition d’éléments de bois découpés et fixés par collage), faisant défiler des personnages devant un paysage urbain, des bouquets de fleurs et des frises d’entrelacs de feuillages et d’oiseaux. Datant de la fin du XVIIe siècle ou du début du XVIIIe siècle, il finissait sa course à 14 400 €.

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