Cartier, épinglé

Le 07 janvier 2021, par Sophie Reyssat

L’heureux mariage du faste inspiré par l’Inde et du modernisme de l’art déco réussissant au joaillier.

Cartier, épingle à jabot, émeraude gravée, diamants ronds, rubis, onyx et émail noir, platine, vers 1925, signée et numérotée, poinçon de maître Renault ?, poids de l’émeraude principale : 10,81 ct, l. 8,2 cm, poids : 16,3 g.
Adjugé : 97 500 €

Totalisant 667 000 €, cette vente de bijoux mettait en avant cette épingle à jabot de Cartier, emportée à 97 500 €, soit près du triple de son estimation. Elle est en effet emblématique du joaillier à plus d’un titre. Elle reflète l’esprit de ses créations art déco, mêlant le graphisme des lignes soulignées d’onyx et d’émail noir, et la fantaisie de la forme inspirée de l’Inde, où Jacques Cartier s’est rendu en 1911. La discrétion du platine sert l’éclatant contraste entre l’émeraude – la pierre fétiche de la maison – et le rubis (voir l'article Cartier et les maharadjas de la Gazette n° 44, page 95). De la même époque, un nécessaire de beauté de Lacloche, portant le poinçon de maître Strauss Allard Meyer, doublait les attentes en obtenant 20 150 €. Lui aussi misait sur la modernité de l’association du modeste émail avec des matériaux précieux, les diamants et l’or. Un bracelet en platine et or, évoquant l’esprit de la Belle Époque, était bataillé jusqu’à 39 000 €. Centré d’un cabochon de saphir cerné d’émail noir, il est ponctué de diamants au niveau des attaches le reliant à son bracelet ruban. Sans surprise, Van Cleef & Arpels était également au rendez-vous. 33 800 € étaient nécessaires pour un bracelet « pelouse » en or jaune et diamants, contre 32 500 € pour un collier façonné vers 1950 par Pery et Fils, en or jaune paré de citrines et de diamants.

mercredi 16 décembre 2020 - 02:30 - Live
Aguttes
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne