Le monde animal, de Petersen à Godchaux

Le 19 mars 2020, par Anne Doridou-Heim

Armand Petersen et Roger Godchaux étaient les têtes d’affiche de cette vacation dédiée au bestiaire des sculpteurs.

Armand Petersen (1891-1969), Antilope broutant, bronze à patine brun nuancé, fonte à la cire perdue Bisceglia, 15,5 19 9,5 cm.
Adjugé : 45 503 

Toute la vivacité de modelage, la sobriété des lignes et la finesse de patine d’Armand Petersen (1891-1969) se retrouvaient dans deux délicats bovidés. Le premier, titré Antilope broutant (voir ci-dessus et l'article La «patte» d'Armand Petersen page 47 de la Gazette no 9 du 6 mars), recevait 45 503 € et le second, Antilope dos rond (27,5 20 cm), 26 003 €. Petersen est un artiste animalier discret et consciencieux qui a étudié l’œuvre de Pompon à fond avant de se lancer à son tour – en 1918 justement, le musée François-Pompon de Saulieu lui consacrait une exposition. L’artiste était un proche d’Édouard-Marcel Sandoz, Suisse comme lui. C’est en 1926 qu’il fait le choix de l’animal et travaille au Jardin des Plantes. Dès l’année suivante, remarqué par Edgar Brandt, il participe à la première édition des «animaliers» et rencontre public et succès, ainsi que des commandes de la manufacture de Sèvres. Ce qui rend immédiatement reconnaissable un Petersen, c’est cette impression de qui-vive, d’une créature aux aguets. Au sujet de l’Antilope broutant, un critique de l’époque parle de «petit chef-d’œuvre ciselé avec tant de tendresse que toute la vie de cette petite bête s’y montre touchante et vraie». La «patte» de Roger Godchaux (1878-1958) est tout autre, tout en matière et en frémissement. Passionné par les fauves, il livrait ici un exemplaire de sa Panthère humant (29 903 €) et des Lionnes au repos sur une paire de serre-livres, en marbre vert veiné (23 403 €).

mercredi 11 mars 2020 - 14:30 - Live
9, rue Drouot 75009 Paris
Millon