Bernard Buffet, une vente, une œuvre

Le 24 avril 2020, par Anne Doridou-Heim

Après Zao Wou-ki, c'était au tour de Bernard Buffet d'affronter les enchères en solo.

Bernard Buffet (1928-1999), Nature morte au verre et à la branche morte, 1950, huile sur toile, 38,5 x 61 cm.
Adjugé : 43 550 €

Coup d’essai et coup de maître. Le mercredi 8 avril, l’aquarelle de Zao Wou-ki, Sans titre, datée 1967, qui devait être le lot phare de la vente de tableaux contemporains du 20 mars à Drouot, était présentée seule et on line : elle triplait finalement son estimation basse pour être adjugée 189 800 €. La responsable du département explique que les collectionneurs particuliers, enfermés chez eux, sont très en demande de belles pièces. L’opérateur a donc eu l’idée de ce concept d’une vente mettant en valeur une œuvre unique. Le pari est réussi. La cote du peintre d’origine chinoise, élevé à la sève de la peinture traditionnelle avant de recevoir de plein fouet la modernité occidentale et d’en faire une synthèse – la plus réussie qui soit –, ne souffre pas de la période actuelle ni de ses nombreuses incertitudes. Preuve que l’art universel survivra !
Forte de cette première réussite, la maison récidivait le mercredi suivant, cette fois avec une huile sur toile de Bernard Buffet, une Nature morte au verre et à la branche morte (38,5 x 61 cm), pour laquelle 43 550 € étaient enregistrés. Cette peinture est datée 1950, elle appartient donc à cette décennie que nombre d’amateurs considèrent comme la plus belle de l’artiste. Il s’agit d’un simple témoignage de ce qui était alors le quotidien de Buffet, exécuté sans emphase mais sans misérabilisme non plus, et qui exprime un "reflet bien réel d’une époque démunie" (Annabelle Buffet, Post-scriptum Plon, 2001).

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