Même anonyme, l'érotisme séduit...

Le 29 avril 2021, par Anne Doridou-Heim

Si les daguerréotypes sont rares, les plus sensuels sont rarissimes et donc particulièrement prisés, à l’image de six petites plaques recouvertes d’argent.

Anonyme. Femme nue allongée sur un lit avec drapés, daguerréotype, quart de plaque, à vue 9 cm.
Adjugé : 32 470 

Un ensemble de six daguerréotypes érotiques totalisait 135 075 €. Le résultat le plus élevé, 32 470 €, était déposé aux pieds de cette Femme nue allongée sur un lit avec drapés, les autres étant acquis entre 10 390 et 19 482 €. Fixées par un photographe non identifié, toutes ces petites plaques – mesurant entre 7 et 10 cm à vue chacune – renvoient l’image d’une demoiselle dénudée, étendue ou assise au milieu de drapés. Il n’a pas fallu longtemps après 1839 et l’invention de ce procédé par Louis Daguerre – une image unique sur une plaque de cuivre recouverte d’argent, aux reflets changeants – pour que se développe l’érotisme en photographie. Si le portrait demeure tout au long de la décennie 1840 son domaine de prédilection, mêlant inconnus et célébrités saisis par des professionnels comme par des amateurs, bien vite, le regard va s’ouvrir vers de nouveaux horizons. Poétiques vues du Paris d’avant le baron Haussmann, natures mortes, puis images de la France et même du monde oriental et de la Méditerranée… le champ des possibles est infini. Oscillant entre érotisme et académisme, les nus offrent quant à eux et plus que tout autre thème un lien avec la peinture de l’époque et sont, à ce titre comme à celui de leur rareté, recherchés par les collectionneurs.

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