L’Afrique et l’Arabie, rêvées par Cordier et Dinet

Le 15 avril 2021, par Philippe Dufour

Dépaysement garanti à Cherbourg grâce à quelques œuvres bien sélectionnées, évocatrices d’autres latitudes, qu’elles soient de bronze, de porcelaine ou de papier…

D’après Charles Cordier (1827-1905), Vénus africaine, buste en bronze à patine noire, pied à patine jaune, signature et une date partiellement lisible, h. 40 cm.
Adjugé : 30 000 

C’est Charles Cordier qui ouvrait le bal avec sa Vénus africaine, une célèbre sculpture dont l’original aurait vu le jour en 1851. L’artiste, adepte d’un orientalisme tout en polychromie, rendu par l’emploi de matières – surtout de marbres – multicolores, y démontre une fois de plus son intérêt pour les types africains. Quant à notre jeune femme, il s’agit d’une version en bronze à patine noire et pied à patine jaune, portant une signature et une date partiellement lisible (h. 40 cm). Parfaitement représentative des figures exotiques appréciées sous le second Empire, la Vénus africaine s’élevait donc à hauteur de 30 000 €. Étienne Dinet, lui, s’est passionné pour l’Algérie qui deviendra sa principale source d’inspiration. En 1898 sort à Paris, chez l’éditeur Piazza, la version d’un poème héroïque arabe, Antar d’après la traduction de Marcel Devic. Et c’est Dinet qui va en livrer les illustrations en couleurs pour 125 pages de texte, chacune agrémentée d’un dessin, cinq illustrations hors texte et de nombreuses vignettes, bandeaux et culs-de-lampe. Un exemplaire a été présenté ici, l’un des tirages limités à 300 exemplaires, le nôtre étant le n° 9 des 10 de tête sur japon, contenant une aquarelle originale signée, une suite en couleurs sur japon, une seconde en noir sur chine et une dernière de planches rayées… Beaucoup d’atouts, récompensés par 5 520 €. De la Chine du XIXsiècle provenait ensuite un imposant cache-pot rond, à fond plat, en porcelaine à décor polychrome de fleurs sur fond noir (h. 38 cm) ; fort séduisant, l’objet a recueilli pas moins de 9 120 €. Pour finir, retour en Europe avec un somptueux cabinet en ébène du XVIIsiècle (195 161 68 cm) ; ouvrant en partie haute par deux vantaux à décor gravé de bouquets de tulipes, leur intérieur marqueté d’arcatures en trompe l’œil, et avec théâtre, ce bel élément remportait 20 400 €.

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