Lumière sur Jungnickel

Le 28 mars 2019, par Sophie Reyssat
Ludwig Heinrich Jungnickel (1881-1965), Clairière fleurie, huile sur toile, 44 64 cm.
Adjugé : 35 786 

Attraction de l’après-midi pour sa rareté, un manuscrit liturgique miniature en hébreu confirmait les attentes, en obtenant 66 636 €. Rappelons que ce recueil de prières, écrit en 1774, recèle des illustrations originales, protégées par une superbe reliure (voir Gazette n° 11, page 149). La vraie surprise venait de cette Clairière fleurie signée par Ludwig Heinrich Jungnickel, présentée autour de 1 000 €. Ce peintre et lithographe d’origine allemande a fait son apprentissage à Munich avant de séjourner une année en Italie, puis de s’installer à Vienne, en 1898. L’effervescence artistique y est alors à son comble. Il y participe, au sein des Wiener Werkstätte, concevant des textiles et des papiers peints qui le font remarquer. Ainsi a-t-il collaboré avec Gustav Klimt sur le chantier du palais Stoclet, à Bruxelles, conçu comme une œuvre d’art total. Le Getty conserve une exubérante frise animalière imaginée par l’artiste pour décorer la chambre d’enfant, associant végétation exubérante et faune exotique. L’artiste devient d’ailleurs célèbre pour ses gravures animalières. Ses voyages à travers l’Europe lui permettent d’apprécier bien des endroits où la nature est restée vierge, telle qu’il l’a retranscrite dans ce tableau printanier où la lumière étincelle. On peine à le croire, mais son travail a été qualifié de «dégénéré» par le régime nazi. Exilé en Croatie, il retrouvera son Autriche d’adoption en 1952, mais pas son atelier, détruit par un raid aérien.

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