La mécanique ne toussait pas

Le 19 mars 2020, par Anne Doridou-Heim

Humour, nostalgie et modernisme animaient une collection d’automates publicitaires pour le plus grand plaisir des grands.

Automate Courtin pour les pastilles Valda, Il court porter le bon remède pour vous préserver, pour vous soigner, 1929, impression sur métaux par l’Alutol, 84 82 17 cm.
Adjugé : 7 728 

«Il court porter le bon remède pour vous préserver» : l’accroche de cet automate vantant les mérites des pastilles Valda ne pouvait être plus en phase avec l’actualité ! Or, hasard ou pas, c’est justement cette pièce d’une collection d’automates publicitaires (voir l'article Et la publicité s’anima… page 10 de la Gazette no 7 du 21 février) qui obtenait le plus haut score, à 7 728 €. Les petites pastilles vertes étaient à la fête, hier comme aujourd’hui, grâce à des mises en scène originales de la maison Courtin. Après cette première scène invoquant une automobile, celle de l’aéroplane et du développement de l’aviation prenait son envol à 4 064 €, celle du bateau à aubes prenait le large à 5 152 €… tandis que celle à l’éléphant, d’un pas nonchalant, avançait à 3 429 €. C’est toute une époque qui défilait ainsi, celle où les fabricants de jouets se lançaient dans un art de la réclame plein de vie, sollicités par des annonceurs comprenant l’intérêt du mouvement et de l’éclairage pour attirer l’attention du chaland. Apparue en même temps que les grands magasins parisiens, cette heure de gloire n’a fait que grandir avant de s’éteindre brutalement à la fin des années 1940. D’une efficacité redoutable, véritables symboles d’un progrès en marche que l’on croyait bénéfique et immortel, ces objets intégrèrent rapidement le décor de la ville pour participer à son spectacle. Tous les secteurs du commerce avaient leurs automates. Après la santé, l’hygiène était au programme : là encore, un thème en parfaite adéquation avec l’heure actuelle. Un présentoir automate de vitrine Betterway pour le savon Cadum, réalisé en bois peint découpé, se faisait mousser à 4 191 €. Il faut dire que le charme était au rendez-vous de la mécanique avec ces trois jeunes enfants se savonnant dans une baignoire. Au registre des gourmandises, on trouvait un grand méchant loup grimé en Mère-Grand fuyant devant un petit Chaperon Rouge furieux de s’être fait chiper sa tablette de chocolat Nestlé (2 834 €), et un facétieux jeune pâtissier s’amusant à faire tourner en équilibre sur son pied, son nez et sa main des plaques de chocolat Cailler (2 318 €). Quant à un présentoir pour la «Dramamine», il faisait passer les maux du voyage à 2 159 €.

jeudi 12 mars 2020 - 14:00 - Live
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