Un certain art de vivre par Vu Cao Dam et Le Corbusier

Le 15 décembre 2017, par Philippe Dufour

L’un des monstres sacrés de la peinture franco-vietnamienne, Vu Cao Dam, revenait sur le devant de la scène ce jeudi 7 novembre, avec une œuvre sur soie représentant des Baigneuses, saisies en 1944 (voir Gazette n° 42, page 223).

Vu Cao Dam (1908-2000), Baigneuses, 1944, plume, encre noire, aquarelle et rehauts de gouache sur soie, 48,5 x 59 cm.
Adjugé : 86 100 €

Cette production caractéristique de l’artiste changeait de mains en échange de 86 100 €, dont l’authenticité avait été confirmée par Mme Yannick Vu Jakober. À sa douceur habituelle, sensible dans ses teintes et ses silhouettes, s’ajoutait cette fois la représentation plus rare de nus féminins, ce qui a certainement joué dans le très bon résultat. Évoquons ensuite les autres toiles modernes qui l’accompagnaient, avec une mention spéciale pour un certain Charles-Édouard Jeanneret, dit Le Corbusier, qui dévoilait ici ses talents de peintre avec trois œuvres. La première, titrée Taureau, était une technique mixte sur papier, monogrammée, dédicacée et datée en bas vers la droite : «Pour Mazenod amicalement Le Corbusier 23 mai 1959», qui nous renseignait sur son célèbre destinataire ; il fallait compter 28 290 € pour s’en saisir. À 14 760 €, on notait aussi une Nature morte à la lanterne et à la cafetière, aquarelle avec monogramme composée vers 1930. Quant à l’encre noire et pastel nommée Étude pour le cheval de cirque, New York et datée «1935», elle partait pour 12 300 €. Une toute petite feuille répondant au titre de Gardez-nous du pléonasme, exécutée en 1943 à l’encre et aux crayons de couleur, était plus accessible à 1 107 €. Aux plus classiques, Félix Ziem apportait le réconfort de ses lumières mouillées avec Gondole et voilier devant Venise, une huile sur panneau parqueté, signée, qui était adjugée 11 070 €.

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