La Fayette, Einstein et Lamartine entre les lignes

Le 25 mars 2021, par Sophie Reyssat

La Fayette, Einstein, Breton et Lamartine se dévoilent à travers leurs lettres et manuscrits.

Marie-Joseph de La Fayette (1757-1834), 153 pages in-4° ou in-8° de correspondance familiale, principalement à sa petite-fille Nathalie et à son mari Adolphe Périer, 1825-1834.
Adjugé : 45 500 

La correspondance d’un personnage historique, le marquis de La Fayette, était remarquée à hauteur de 45 500 € lors de cette dispersion de manuscrits. Chef des volontaires français engagé dans la guerre d’Indépendance américaine, et acteur des révolutions de 1789 et de 1830, cet inventeur de la cocarde tricolore a tenté de concilier république et monarchie. Dans ces lettres familiales, le député, exaspéré par la fin du régime des Bourbons, livre ses réflexions politiques sur la fin de la Restauration et les débuts de la monarchie de Juillet. La science avait Albert Einstein pour meilleur représentant. 30 314 € étaient requis pour une lettre de 1915 adressée à son ami et collaborateur néerlandais Wander Johannes de Haas – cette année-là, ils cosignèrent trois articles sur les courants moléculaires d’Ampère – et son épouse Geertruida, fille du physicien Hendrik Lorentz. Les trois pages contiennent un diagramme et une équation. 22 406 € étaient obtenus par une autre missive de 1952 destinée au mathématicien Ernst Gabor Straus, son assistant à l’Institute of Advanced Study de Princeton. Leur collaboration permit d’élaborer la théorie du champ unifié, qu’ils baptisèrent « théorie complexe ». Le volet beaux-arts mettait André Breton à l’honneur, 28 600 € étant obtenus par un carnet donné à Paul Éluard, réunissant dix-sept de ses premiers poèmes écrits en 1915-1916 (voir l'article Pissarro, Breton, Zola, Massenet ou Lafayette de la Gazette n° 10, page 113). La section littérature n’était pas en reste, 22 406 € étant prononcés pour les manuscrits autographes du Voyage en Orient et du Nouveau Voyage en Orient, écrits par Alphonse de Lamartine en 1851. Ils s’accompagnent d’un ensemble de lettres et de documents concernant ses périples orientaux de 1832-1833, et son domaine de Burghaz-Owa, près de Smyrne. Il avait obtenu celui-ci grâce au sultan Abdul Medjid, en remerciement de son soutien de la Turquie dans la « question d’Orient » soulevée par le démembrement de l’Empire ottoman.

jeudi 18 mars 2021 - 14:32 - Live
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