Paysage lyrique par Zao Wou-ki

Le 25 mars 2021, par Anne Doridou-Heim

Zao Wou-ki, magistral avec une œuvre sur papier, fruit d’un geste pensé avant d’être éloquent.

Zao Wou-ki (1921-2013), Composition, 1973, aquarelle, 23,5 25,5 cm.
Adjugé : 78 740 

On croit pouvoir discerner dans la fluidité environnante un amas de rochers, des montagnes peut-être, une perspective fuyant dans le lointain. Tout, dans cette aquarelle datée 1973 et retenue à 78 740 €, invite à un plongeon rétrospectif dans l’univers pictural de son auteur, Zao Wou-ki. L’artiste, trait d’union entre là-bas et ici, ne laisse jamais indifférent. Sa pensée traduite dans un geste libéré et éloquent fascine, et l’on ne peut qu’adhérer aux mots du poète, écrivain et critique Claude Roy lorsqu’il le définit ainsi : «Un grand peintre qui poursuit dans son œuvre une dizaine au moins de grands siècles de l’art chinois, et qui est un des meilleurs peintres modernes de l’Occident.» Les années 1970 sont importantes dans la vie de Zao Wou-ki. Sur les encouragements d’Henri Michaux, il redécouvre la difficile technique de l’encre de Chine, son épouse May décède en mars 1972 et à la fin du même mois, il part en Chine retrouver sa famille quittée en 1948. Tout cela nécessite une pause au retour avant de se remettre au travail et de livrer de très grands formats en 1975. Quant au tableau de Pierre Tal Coat (1905-1985), dont le rouge incandescent explosait en couverture de la Gazette n° 7 du 19 février (voir l'article Tal Coat, peintre de la réalité fondamentale), c’est à nouveau un univers personnel qu’il exprimait. Il a été décroché à 49 530 €.

mardi 16 mars 2021 - 11:00 - Live
Jean-Marc Delvaux
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne