À la procession avec Ramiro Arrue

Le 06 mai 2021, par La Gazette Drouot

Le chantre de la vie quotidienne de la province basque était très attendu pour une scène de fête religieuse, alors que deux femmes artistes étaient aussi honorées pour leur univers très particulier.

Ramiro Arrue (1892-1971), La Procession, vers 1923, huile sur toile signée en bas à gauche, 55 38 cm.
Adjugé : 43 400 

Sans surprise, Ramiro Arrue prenait les devants de cette session, fort soutenue en raison de son caractère régionaliste. Du peintre d’origine espagnole, l’on admirait une Procession (55 38 cm) peinte vers 1923. La toile signée (voir l'article Allégorie du pays basque par Ramiro Arrue de la Gazette n° 15, page 106) provient de l’ancienne collection de l’écrivain Marc Légasse (1918-1997), ami de l’artiste et figure haute en couleur du milieu basque de l’entre-deux-guerres. Loin d’être une inconnue, l’œuvre reprend le sujet d’une petite gouache conservée au Musée basque de Bayonne, ayant fait l’objet d’un solide commentaire par Philippe Veyrin dans le Bulletin du Musée basque n° 1-2 de 1926 (pages 20 à 24) : «Au premier plan, un vieil “etcheko-jauna” (ancêtre) […]. Derrière lui, un grand laboureur va les bras ballants, le regard lointain, semblant fixer quelque vision intérieure. D’autres jeunes paysans suivent, pareillement graves et sereins.» Une galerie sensible de portraits donc, saisis à différents âges, qui devait séduire les acheteurs jusqu’à ce coup de marteau à 43 400 €. Dans son sillage, c’est le travail de Clémentine-Hélène Dufau qui était récompensé à hauteur de 35 960 €, grâce à deux œuvres vendues avec faculté de réunion : Jeune homme à la lecture sur fond de jardin avec «Trois Couronnes» - portrait présumé du fils d’Edmond Rostand, Maurice (100 87 cm) et Jeune femme face à la mer - autoportrait présumé (mêmes dimensions). La paire de toiles – adjugée à la mairie de Cambo qui les a acquises pour la villa Arnaga, soit le musée Edmond-Rostand – rappelle l’idylle, vouée à l’échec, entre la jeune peintre, invitée à la villa par Rostand, et Maurice. Une autre femme a été honorée ici, pour 23 560 € : Laura Rodig Pizarro (voir l'article La condition féminine vue du Chili selon Laura Rodig Pizarro du Zoom régions n° 15, page 24). Ses Trois femmes assises dans un village désert (66 81 cm), ont été brossées à Paris en 1926. Rappelons que Rodig est l’une des plus grandes artistes chiliennes du XXe siècle, qui s’est dévouée sa vie durant à la cause féministe.
 

Laura Rodig Pizarro (1901-1972), Trois femmes assises dans un village désert, 1926, huile sur toile, 66 x 81 cm (détail). Adjugé : 23 560 
Laura Rodig Pizarro (1901-1972), Trois femmes assises dans un village désert, 1926, huile sur toile, 66 81 cm (détail).
Adjugé : 23 560 
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