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Moderne de Survage à Delaney

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Le XXe siècle se déclinait ici en sculpture avec Lalanne, et peinture et dessins en compagnie de Survage ou Delaney.

Moderne de Survage à Delaney
Beauford Delaney (1901-1979), Sans titre, 1964, huile sur toile, signée, datée et située au dos, 41 x 33 cm.
Adjugé : 66 040 €

La maison De Baecque et Associés choisissait les arts du XXsiècle pour inaugurer cette nouvelle année, le vendredi 21. Des habitués de Drouot y étaient conviés. Ils s’y sentaient à leur aise puisque l’après-midi se concluait sur un produit total de 825 426 €. Dans la famille des créateurs, on faisait appel à François-Xavier Lalanne avec une édition en cuivre patiné, numérotée 46/100, de sa tortue de 1973 (34 290 €), à Maria Pergay avec une table de salle à manger des années 1970, édition Marsat (11 430 €), ou encore à Charlotte Perriand avec un modèle du tabouret bas dit «Tabouret Berger» en acajou blond (9 144 €). Dans celle des plasticiens, Jean-Michel Atlan présentait Astarté de 1958 (16 510 €) et l’expressionniste abstrait américain Ed Clark (1926-2019) surprenait en emportant 38 100 € avec un acrylique sur carton de 1966, Sans titre (33,5 33,5 cm). Le coup de marteau le plus élevé revenait à Beauford Delaney (1901-1979) – un Américain également, et de plus en plus fréquent sur le marché parisien ! Sa toile Sans titre (41 33 cm) de 1964 faisait jouer ses nuances de jaune pour capter 66 040 €. Parmi l’ensemble de gravures et œuvres sur papier de Léopold Survage (1879-1968), provenant de la collection du spécialiste de l’artiste Éric Brosset (voir Gazette n° 1, page 24, c’est l’Autoportrait dessiné à la mine graphite qui recevait le plus haut suffrage, à 6 985 €, les autres documents étant dispersés entre 380 et 4 826 €. Décidément pas de quoi avoir le Bourdon (14 25 13 cm), nom de l’insecte de César fabriqué en fer soudé en 1958. Cette pièce unique, à partir de laquelle douze exemplaires en bronze furent initiés, fondait en piqué à 35 814 € sur un acheteur consentant.

vendredi 21 janvier 2022 - 13:30 (CET) - Live
De Baecque et Associés
Quand Mortensen rencontre Kandinsky

Le vendredi, tout est permis… Sans aller jusque-là en cette période d’incertitudes, comptez tout de même enchérir à hauteur de 50 000/80 000 € vendredi 21 janvier (salle 1-7 à Drouot) chez De Baecque et Associés, pour espérer décrocher la suite de 91 dessins à la gouache et à la mine de plomb de Richard Mortensen (1910-1993), Sonorité jaune (voir page de gauche). Elle a été exécutée en 1957 d’après le livret éponyme de Vassily Kandinsky, imaginé en 1909 pour la scène. Si ce dernier, captivé par les couleurs, rêvait alors d’un art monumental mêlant peinture, musique, danse, théâtre et littérature, il entendait surtout proposer une expérience sensorielle, un voyage vers un autre monde, éloigné d’une partie de la réalité. Sonorité jaune est une synthèse absolue entre formes, couleurs et sons, avant même qu’il ait réalisé sa première œuvre abstraite en 1910. Cet ensemble, auquel sont jointes des études et archives, provient de la succession du metteur en scène Jacques Polieri (1928-2011). Fasciné par les avant-gardes, celui-ci concrétise la première de Sonorité jaune le 6 août 1975, dans le cadre du sanctuaire de la Sainte-Baume, la création mondiale de ce spectacle kaléidoscope voyant le jour six mois plus tard au théâtre des Champs-Élysées. Si, comme chacun sait, «rien ne sert de courir…», cette même dispersion sera l’occasion de tenter sa chance sur un ensemble de multiples et d’œuvres sur papier de Léopold Survage (voir l'article L’œil d’un expert sur Léopold Survage de la Gazette n° 1, page 24), un fer soudé (pièce unique) de César, Le Bourdon, 1958 (20 000/30 000 €), une Tortue, 1973 en cuivre patiné (46/100) de François-Xavier Lalanne (même estimation) et du design, dont des sièges réalisés par Jean Prouvé et Jules Leleu.

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