Modernités, d’Eugène Printz à Charlotte Perriand

Le 15 avril 2021, par Philippe Dufour

Dédiée aux arts du XXe siècle, et en particulier au design, la vacation a été emmenée par une création du maître de l’art déco, et par deux toiles de Marcelle Loubchansky. 

Eugène Printz (1879-1948), table de salle à manger, vers 1935, noyer et laiton oxydé à l’éponge, estampillée au fer en plusieurs endroits et numérotée « 6 », 73,5 123 95 cm.
Adjugé : 24 200 

Vue dans la Gazette n° 12 (voir l'article Cercles vs rectangles page 118), la table de salle à manger en noyer imaginée par Eugène Printz déployait ses courbes, savamment confrontées, en échange de 24 200 €. Sous son plateau rectangulaire, s’épanouit un piétement latéral à double arceau en noyer et laiton oxydé, qui communique toute sa légèreté au meuble (74,5 125 95,5 cm). On sait que ce modèle a été présenté sur le stand de l’ébéniste au Salon des artistes décorateurs à Paris en 1935. Par ailleurs, la pièce est bien référencée et reproduite (page 183) dans l’ouvrage de Guy Bujon et Jean-Jacques Dutko (Éditions du Regard, 2018) consacré au créateur. Relevant encore de l’esprit art nouveau, la salle à manger La Vigne de Louis Majorelle et des environs de 1914, en noyer mouluré et sculpté, se composait d’un buffet (142 130 cm), d’une table de salle à manger à plateau ovale (460 cm avec rallonges), d’une glace de cheminée (h. 136 cm) et de six chaises. L’ensemble est célèbre, et apparaît, entre autres, dans la somme magistrale d’Alastair Duncan, Louis Majorelle, Master of Art Nouveau Design (Thames & Hudson, 1991) sous le n° 427. Celui présenté ici a remporté 6 050 €. Quant à l’incontournable Charlotte Perriand, elle était présente à travers une suite de six chaises modèle «Bauche», en bois naturel teinté et assise paillée, d’une édition ancienne (82 42 42 cm), saisies à 5 731 €. Sur les cimaises, se sont détachées deux œuvres de Marcelle Loubchansky. La première est une Composition abstraite, une importante toile signée et datée «69» en haut à droite, contresignée et datée «Juin 1969» au dos (145 114 cm) ; l’œuvre a été adjugée 12 463 €, ce qui constitue un record mondial pour l’artiste (source : Artnet). À sa suite, une autre huile sur toile (144,5 114 cm), titrée au dos Psaumes, devait être achetée 8 833 € par le musée Fabre de Montpellier ; datée «1968», elle devient désormais (même source) le deuxième meilleur prix pour la femme peintre.

mardi 30 mars 2021 - 10:30 - Catalogue
Sabourin
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne