Délicate éclosion par Majorelle et Daum

Le 24 juin 2021, par Anne Doridou-Heim

L’art nouveau en pleine floraison s’illuminait avec une création commune de Majorelle et Daum, alors que l’art déco exposait la sobriété de ses lignes et la préciosité de ses matériaux.

Louis Majorelle (1859-1926) et Daum Nancy, lampe de salon figurant une branche de magnolia en fleur et en bouton, piétement en bronze doré, fleur et bouton en verre teinté anis légèrement opalescent, soufflé et modelé, époque art nouveau, h. 61 cm.
Adjugé : 102 400 

L’art nouveau est à la fête. Alors que le musée des Arts décoratifs s’apprête – le 7 juillet – à dévoiler l’espace qui lui est consacré, après l’avoir totalement repensé, une branche de magnolia née du travail commun entre Louis Majorelle et Daum Nancy vers 1902-1904 s’épanouissait à 102 400 €. Il s’agit d’un luminaire au piétement évoquant une branche et des bourgeons en bronze doré et dont la coupelle lumineuse, simulant la fleur et son bouton, est en verre teinté vert anis. Le goût de l’époque pour le naturalisme s’y exprime de la plus délicate des manières. La collaboration entre le créateur nancéien et la maison verrière démontre là encore sa réussite. Débutée dans les premières années du nouveau siècle, elle s’expose pour la première fois au Salon de l’Union des arts décoratifs de 1903, Antonin Daum ayant compris la nécessité de varier sa production et de l’ouvrir à d’autres talents.
Toute une série de lampes plus naturalistes les unes que les autres vont éclore. Pour l’art déco était annoncée une étonnante commode d’Eugène Printz, en placage de palmier et au corps reposant sur une base en laiton oxydé (voir l'article 
Les lignes brisées d’Eugène Printz page 53 de la Gazette n° 23). Non vendue, elle a été remplacée sur la ligne d’arrivée par un bureau (72 210 84,5 cm) d’un autre nom de l’époque, celui de Paul Dupré-Lafon (1900-1971). Parfaite alliance de fonctionnel – avec sa forme en «U» renversé à deux caissons – et de luxe, étant en placage d’ébène de Macassar et gainé en partie de parchemin et de cuir, il était emporté à 147 200 €. En avançant dans le siècle, on découvrait à 69 120 € un autre bureau (76 158 98 cm), celui-ci de Jean-René Prou (1917-1983). Il s’agissait d’une pièce unique en bois laqué noir et travertin, aux quatre pieds cylindriques terminés chacun par un sabot fourreau en laiton nickelé, réalisée par le décorateur-en 1957 pour un intérieur de Neuilly.

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