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Dunand et Vautrin, dans le miroir

Le 25 avril 2019, par Anne Doridou-Heim
Dunand et Vautrin, dans le miroir
Line Vautrin (1913-1997), Cailloux oxydé, miroir rond et plat à cadre en résine talosel et lumaline, bordé à l’intérieur de sequins incrustés de miroirs colorés, glace circulaire fumée, pièce unique, vers 1960, diam. 66 cm.
Adjugé : 27 940 

Il ne faut jamais oublier qu’avant le Jean Dunand (1877-1942) mondialement connu pour ses magnifiques travaux en laque, il y eut un créateur ouvert à différentes techniques et aux avant-gardes décoratives. Au début des années 1910, bien avant l’engouement pour l’art déco, l’homme est déjà à la tête d’un atelier renommé et travaille le métal. C’est comme dinandier, et grâce à ses plats et vases en cuivre, qu’il séduit une clientèle d’amateurs et d’institutions dans les salons d’avant-guerre auxquels il participe. En février 1913, le président Raymond Poincaré inaugure le VIIIe Salon des artistes décorateurs. Il y remarque un vase monumental d’un mètre trente de hauteur, dont le corps est constitué de deux cobras dressés : une pièce exceptionnelle qui appelle à décliner le thème du serpent pour d’autres réalisations, et notamment un presse-papiers, en bronze patiné. Le reptile enroulé autour d’une sphère s’y déploie, prêt à attaquer, et provoquait la fascination à 22 225 €. Lors de cette vente consacrée aux arts du XXe siècle, on attendait également beaucoup d’un duo de sculptures en pierre de Carlo Sarrabezolles (1888-1971), Centaure et Sirène (voir l'article Sculpture et architecture page 48 de la Gazette no 14 du 12 avril), répondant à une commande spéciale pour orner des niches. La séduction de la sirène n’a pas opéré… Elle était pourtant bien belle dans ce miroir de Line Vautrin (1913-1997) rond et plat, au cadre réalisé dans la fameuse résine talosel, bordé à l’intérieur de sequins incrustés de miroirs colorés. Il s’agit d’une pièce unique, produite vers 1960. Avec sa glace circulaire en verre fumé, l’objet a un petit côté hors du temps qui séduisait un amateur à 27 940 €. De ce matériau nouveau, élaboré à partir d’une résine de synthèse l’acétate de cellulose , la créatrice fera naître des merveilles de poésie dessinées avec sa première d’atelier, Suzanne L., découpées, assemblées par collage à l’acétone puis incrustées, comme c’est le cas pour cette pièce, de miroirs colorés.

Jean Dunand (1877-1942), Cobra dressé, sculpture formant presse-papiers en bronze patiné, modèle de 1913, h. 17 cm (détail). Adjugé : 22 225 €
Jean Dunand (1877-1942), Cobra dressé, sculpture formant presse-papiers en bronze patiné, modèle de 1913, h. 17 cm (détail).
Adjugé : 22 225 
Panorama (après-vente)

Potiers contemporains

Le 25 avril 2019, par Anne Doridou-Heim
Potiers contemporains

Joli succès, dans la vente arts déco de Tessier & Sarrou et Associés (PBG Expertise) du mercredi 17 avril à Drouot, pour un ensemble de céramiques ayant été réalisées à quatre mains dans l’Atelier des 2 potiers, par Michelle  (née en 1936) et Jacques Serre (1934-2016), puis par Michèle seule, après leur séparation en 1970. Celle qui signe alors «Michell» se réinvente, apportant aux œuvres  toujours en terre chamottée et en lave émaillée une touche supplémentaire de monumentalité et de pureté. Ce que traduit cette sculpture organique émaillée beige (h. 64 cm), une pièce réalisée vers 1975, dont la forte présence était récompensée de 12 700 €. L’ensemble des autres céramiques de ces deux artistes épris d’indépendance était adjugé entre 651 et 8 890 €.

mercredi 17 avril 2019 - 14:00 (CEST) - Live
Tessier & Sarrou et Associés
Sculpture et architecture

Le centaure joue de la flûte, comme pour séduire cette sirène esquissant un joli déhanchement pour se tourner vers le séducteur. La lumière de la pierre accentue le corps musculeux de l’homme-animal, la sinuosité des formes féminines. L’un se retrouve en appui sur le train arrière, l’autre sur une queue en volute. Ces deux statues ont été commandées au début des années 1950 à Carlo Sarrabezolles pour décorer chacune une niche. Le sculpteur était alors reconnu pour ses monuments aux morts, ses sculptures monumentales pour des églises, des édifices publics et sa participation à la décoration du paquebot Normandie. Né à Toulouse, il s’inscrit en 1907 à l’École des beaux-arts de Paris, dans les ateliers d’Antonin Mercié et de Laurent Marqueste, également natifs de la ville rose. En 1914, il obtient le second prix de Rome ; il ne peut se rendre à Rome étant fait prisonnier cette même année, jusqu’en 1918. Pour L’Âme de la France  une jeune guerrière au torse dénudé levant les bras au ciel , il reçoit la médaille d’argent au Salon et le prix national en 1922. Il s’installe l’année suivante dans un atelier du XVe arrondissement avec son épouse Nicole. Les succès et les commandes affluent, notamment pour la sculpture ornementale d’édifice lorsqu’il eut mis au point la sculpture en taille directe du béton. Il travaille pour des particuliers dont il fait les portraits en buste, acceptant pour des amis, comme ici pour les propriétaires d’un appartement situé avenue de Breteuil, de réaliser des statues. Les amateurs des années 1930 à 1950 appréciaient ce décor quasi architectural, rythmant l’espace de formes simples. Hélas, ses œuvres ont souvent disparu avec le changement de propriétaire. Saluons l’apparition de cet ensemble par un sculpteur très rare en ventes publiques. 

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