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Un précieux visage de Lalique

Le 25 novembre 2021, par Anne Doridou-Heim

La fascination a une nouvelle fois opéré, Méduse moulée par René Lalique ayant attiré à elle le désir des enchérisseurs.

Un précieux visage de Lalique
René Lalique (1860-1945), Medusa, pendentif figurant un visage de Méduse en pâte de cristal repolie de couleur bleu-vert, monture en or jaune à inclusions de paillons d’argent figurant trois serpents, une perle baroque suspendue, h. 11 cm, poids 78 g.
Adjugé : 384 000 

Le pari était risqué car, provenant des écrins de bijoux de Liz Taylor dispersés le 14 décembre 2011 chez Christie’s à New York, ce pendentif en pâte de cristal repolie de René Lalique était assorti d’une estimation ambitieuse. Cela avec raison puisqu’il a finalement été emporté à 384 000 €. La cote du créateur est au plus haut, ce nouveau résultat le confirme. Celle des bijoux art nouveau également – les pages de la Gazette en faisant régulièrement l’écho – et visiblement, la fascination de Méduse n’est pas près de disparaître… Celle dont un simple coup d’œil avait le pouvoir de changer en pierre celui qui la regardait en a acquis un nouveau, celui de transformer le désir en argent sonnant et trébuchant. Dans un tout autre esprit, celui-là clairement moderniste, un collier en argent et vermeil à plaquettes et maillons géométriques exprimait le goût de Jean Després (1889-1980) pour le vocabulaire mécanique. C’est en travaillant dans les ateliers de l’aviation militaire pendant la Première Guerre mondiale qu’il développe un intérêt pour ces formes, attrait qu’il transposera ensuite dans ses bijoux. Cette création des années 1970 en gardait le souvenir, répercuté à 12 544 €. En avançant sur le chemin avant-gardiste du XXe siècle, on croisait ensuite une paire de fauteuils modernistes en placage de palissandre de Pierre Chareau (1883-1950) pour s’y installer à 140 800 €. Le modèle MF 732 a été conçu en 1924, présenté au 15e Salon des artistes décorateurs de Paris de la même année, avant d’être livré vers 1928 pour la salle de lecture du Grand Hôtel de Tours. On s’arrêtait enfin devant les 40 960 € d’une petite table liseuse (61 70 30 cm) en placage de palissandre d’Eugène Printz (1879-1948). Dans leur ouvrage consacré à l’ébéniste paru aux éditions du Regard en 1986, Guy Bujon et Jean-Jacques Dutko attribuent le décor de son piétement en fer forgé, composé de lignes géométriques argentées façon dinanderie, à Jean Dunand (1877-1942).

Arts décoratifs du XXème siècle
mercredi 17 novembre 2021 - 15:00 (CET) - Live
Tessier & Sarrou et Associés
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