Orchestre symphonique de Dufy

Le 02 mai 2019, par Anne Doridou-Heim

Une toile de Raoul Dufy (1877-1953) au rythme symphonique entraînait une vente d’art moderne riche encore d’une peinture d’Utrillo et de bronzes de Dalou.

Raoul Dufy (1877-1953), Le Concert, huile sur toile, 22 34 cm.
Adjugé : 57 500 

Le tableau du premier était intitulé Le Concert. Il mettait en scène, dans quelques centimètres carrés seulement (22 34 cm) et sous des applaudissements de 57 500 €, un orchestre symphonique esquissé en noir sur un fond d’un rouge flamboyant, rehaussé de coups de pinceau bleus et blancs. La thème musical est récurrent dans l’œuvre du Havrais et d’ailleurs, une exposition que le musée de Cambrai lui consacrait en 2010 s’intitulait «Raoul Dufy… bercé par la musique et la mer», comme pour affirmer s’il en était encore besoin combien ces deux supports furent source d’inspiration. Le jeune Dufy accompagnait à l’orgue la chorale dont son père était le directeur. Grand admirateur de Bach, Mozart ou encore Debussy, il peignit en 1902 L’Orchestre du Théâtre au Havre, la toute première d’une longue série de toiles sur le sujet. La récurrence était le point commun à nombre des œuvres proposées dans cette vente. En effet, ambiance très différente chez Maurice Utrillo (1883-1955), mais même fidélité puisque c’est un coin de la Butte qu’il choisissait une nouvelle fois de fixer avec la Rue Lamarck à Montmartre. Cette huile, de petites dimensions (27 41 cm) elle aussi, se décrochait à 51 250 €. En poursuivant sur le chemin de la modernité, on croisait La Meule par gros temps (38 46 cm), peinte par Maurice de Vlaminck (1876-1958) sous ce ciel lourd d’orage tout de suite identifiable. Aimé-Jules Dalou (1838-1902) clôturait en rondeur ce petit tour d’horizon. La Vérité méconnue ou le Miroir brisé (54 39 35 cm) montrait la tendresse de ce grand nom de la sculpture du XIXe siècle pour le corps féminin et ses courbes. Cette Vénus des temps modernes était ici proposée dans une fonte d’Hébrard, réalisée d’après le plâtre conservé au musée du Petit Palais l’institution est riche de quelque quatre cents sculptures de l’artiste, provenant en majorité de son fonds d’atelier, acquis en 1905 auprès de sa veuve. Pudiquement, elle dissimulait sa nudité et se nimbait d’un voile de 43 750 €.

jeudi 25 avril 2019 - 14:30 - Live
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Paris Enchères - Collin du Bocage
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