L’envol des chevaux de Jean Dunand

Le 25 février 2021, par Philippe Dufour

En laque sculptée sur fond or, ce groupe de trois cavales saisies en plein galop a largement dépassé les prévisions, accompagné d’un personnage mythologique dessiné par Le Brun.

Jean Dunand (1877-1942), La Conquête du cheval, 1935, ensemble de dix-huit panneaux en laque or et laque de couleurs sculptés en bas relief sur bâti de «sabi», marqués «Smoke Room 1st Class», l’ensemble 311 504 cm, éléments séparés 124 63, 63 63 et 124 16 cm.
Adjugé : 924 000 

Sujet de l’Avant-première de la Gazette n° 2 (voir l'article Jean Dunand à la conquête des mers sur le paquebot Normandie, temple de l’art déco page 17), cet ensemble exceptionnel composé de dix-huit panneaux conçus en 1934 pour l’un des plus beaux paquebots de tous les temps, le Normandie, a plus que triplé son estimation haute en décrochant 924 000 €, qui ont été offerts par un collectionneur européen. Réalisées dans un style art déco monumental par Jean Dunand, ces pièces sont les vestiges d’un décor intitulé La Conquête du cheval, qui habillait l’une des parois du fumoir avec Les Vendanges et la Danse. Sculptés dans la laque or et de couleur en bas relief, rappelons que ces éléments avaient échappé à l’incendie du navire dans le port de New York en 1942, parce qu’ils avaient été démontés peu de temps auparavant… L’un des grands prédécesseurs de Dunand, en matière de décoration, était aussi présent : Charles Le Brun en personne, ordonnateur de l’ornementation des demeures du Roi-Soleil. On avait de lui un dessin inédit préparatoire à la composition Le Réveil des eaux ou Le Triomphe de Neptune et d’Amphitrite, exécutée pour la galerie d’Apollon, au Louvre, à partir de 1663. L’étude d’une figure de dos avec reprises du bras à la sanguine (25,5 37 cm) devait inscrire 43 200 €. Place ensuite à toute la créativité du début du XXe siècle, grâce à une sculpture de Boris Frodman-Cluzel, artiste russe auteur d’une Femme au drapé à l’attitude dansante. Il s’agit d’un bronze patiné daté de 1910, cachet de Hébrard, fonte à la cire perdue (h. 29 cm) qui partait à 9 600 €. Le sculpteur a été particulièrement attiré par la figure de la danseuse, et l’une de ses plus fameuses expositions parisiennes, en mai 1910 à la galerie parisienne Hébrard, s’intitulait «Les Artistes de la danse russes et français», alors que s’ouvrait la saison des Ballets russes.

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