Les fonds marins de Brandt

Le 24 octobre 2019, par Anne Doridou-Heim

Des petits poissons d’Edgar Brandt se laissaient prendre avec bonheur dans les filets des enchères.

Edgar Brandt (1880-1960), Écran en fer forgé martelé à décor de poissons et algues stylisées, vers 1925, 69 65 22 cm.
Adjugé : 46 080 

Les arts décoratifs déclinaient les odes à la nature, mais celle-ci revisitée par le biais de la stylisation, les audaces dans l’emploi des matériaux et la créativité. Un exemple en était apporté ici sous la forme d’un écran en fer martelé vers 1925 par Edgar Brandt (1880-1960), le grand créateur de la technique. La période de réalisation est parfaite, le décor imaginatif, voyant des poissons évoluer au milieu des algues, et le travail abouti : trois qualités qui le menaient à recevoir 46 080 €. À la fameuse Exposition des arts décoratifs et industriels modernes de 1925, le ferronnier présente plusieurs grilles monumentales, commandées pour le hall d’entrée du Salon des ambassadeurs français et le pavillon du Collectionneur de Ruhlmann. C’est le début du succès : la même année, il inaugure sa galerie boulevard Malesherbes pour y installer ses créations de ferronnerie d’art (autant de consoles, lampes, appliques, écrans et cache-radiateurs) et convie les artistes avec lesquels il collabore, des verriers notamment. Novateur et entrepreneur, c’est chez lui que se tiendra aussi la première édition d’un rendez-vous appelé à connaître une jolie renommée : le Salon national des artistes animaliers. Quelques numéros plus loin, c’est un duo de créateurs de la même époque qui était récompensé. L’association d’Alberto Giacometti (1901-1966) et de Jean-Michel Frank (1895-1941) donnait naissance à plusieurs objets décoratifs, dont une lampe Calebasse, créée avant 1939. Un exemplaire en albâtre de ce modèle retenait 50 200 €.

mercredi 16 octobre 2019 - 02:00 - Live
Delon - Hoebanx
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